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Un an après l’élection présidentielle de 2017, ou en est la macronie droitière qui compte assez de dévoués et zélés serviteurs députés pour faire passer les désirs du seigneur de l’Élysée.

Mais sont-elles-ils toujours aussi obéissants envers leur « nourrisseur » ? MC

[…] … Grâce à ses succès électoraux, LR-EM doit percevoir près de 20 millions d’euros par an pendant le quinquennat. Un avantage de taille par rapport à ses concurrents, en particulier LR et le PS, lourdement endettés. Les dirigeants de LR-EM se félicitent également de disposer d’un vaste réseau d’adhérents.

  1. Castaner en revendique 400 000, assurant enregistrer  » une centaine  » de nouvelles adhésions par jour contre  » une quinzaine  » de départs.

Des chiffres invérifiables : le parti comptabilise des inscriptions gratuites sur son site, quand les autres ne retiennent que les adhérents payant une cotisation.

Or, sur les 400 000 adhérents -revendiqués, une large part ne s’est inscrite que pour soutenir le candidat Macron lors de sa campagne. Et se trouve aujourd’hui totalement démobilisée. « Comme il n’y a pas de cotisation, il est facile d’intégrer ce parti mais il est aussi facile d’en partir, sans que personne ne s’en aperçoive », observe le politologue Jean-Louis Thiébault. [….]

« La mission principale, c’est de garder les adhérents qui sont venus pour porter Macron au pouvoir », résume un ministre. [Plus simplement  … n’est-ce pas la nécessité de garder la confiance des « mécènes » ayant financés la pré-campagne présidentielle. Ces gens nullement altruistes, pas plus que philanthropes restant dans les wagons tant qu’ils « tirent » des bénéfices personnels de la gestion gouvernementale et dans ce domaine faudrait être vraiment aveugle pour ne pas voir le/les retours d’ascenseurs – MC]

[…] … Plusieurs députés macronistes de la -première heure dressent un constat particulièrement négatif d’un parti passé du statut de machine de guerre à celui de maison fantôme, en quasi désœuvrement. « Le mouvement est devenu inexistant et inutile », regrette l’un d’eux. Il souffre en tout cas d’un faible poids médiatique : à part M. Castaner […], aucun poids lourd ne peut porter la parole du parti macroniste face aux ténors de l’opposition.

[….] …. le principal handicap du parti présidentiel reste son manque d’implantation territoriale. Ayant été créé après les élections municipales de 2014, il ne compte aucun élu local. Ni à l’échelon des communes, des départements ou des régions… « La faiblesse de Macron, c’est son appareil. Derrière lui, qui est sur le terrain ? Il y a une réelle difficulté à défendre la politique du gouvernement au niveau local et à préparer les élections –intermédiaires », estime le président du groupe centriste du Sénat, Hervé Marseille.

[…] … De son côté, le chef de l’Etat ne se soucierait guère du sort de la formation qu’il a créée. « Il n’aime pas les partis donc il s’en fiche et a plus important à faire », selon un de ses fidèles. « Emmanuel Macron a conçu En marche ! Comme un outil politique. D’abord pour conquérir le pouvoir et aujourd’hui pour réussir le mandat. Nous n’avons jamais envisagé d’en faire un objet politique qui vive pour lui-même et par lui-même, comme le PS ou LR », explique Gabriel Attal. Depuis son accession à l’Élysée, sa formation est donc destinée à jouer un rôle secondaire.


Alexandre Lemarié, Le Monde Titre original : « RM, un colosse aux pieds d’argile » – Source (Extrait)