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Ce n’est plus la fête à « Neu-Neu », « des Loges » ou celle « du Trône » … quoi que pour ce dernier cliché, nous n’en soyons pas loin …MC

Mercredi matin [02 mai 2018], dans un petit rade, tout près de la place de la République à Paris, l’équipe organisatrice de «la Fête à Macron» s’installe face à la presse. Des visages inconnus (sauf celui du chercheur Frédéric Lordon) afin de mettre de nouvelles têtes sur le devant de la scène – François Ruffin était absent à dessein.

Ils s’agacent. Les questions tournent essentiellement autour des affrontements de la veille, lors du défilé du 1er Mai à Paris. Puis sur la sécurité lors de la marche prévue samedi. Les organisateurs reprochent à la presse de se focaliser sur les débordements. Une petite tension s’invite. La bande condamne la casse sans s’épancher, elle ne nomme pas les coupables : elle refuse de tomber dans le «piège des médias», d’en faire le sujet principal pour oublier le reste : «la lutte» face à la politique du pouvoir «illégitime» en place.

Frédéric Lordon argumente : « Depuis la marche du 1er Mai, les médias ne parlent que de ça, et cela devient : il n’y a que ça ! » Un peu plus tard, il ajoute : « Ce que nous voulons, c’est une manifestation puissante et paisible. Il faut éviter les amalgames. Nous souhaitons faire ce que nous avons prévu de faire, et advienne que pourra. »

Comprendre : les organisateurs, qui répètent à l’envi les mots «fête», «joyeux» et «festif», se focalisent sur « la Fête à Macron » et l’adversaire «numéro 1» est le président de la République. Samedi, il y aura tout de même deux services d’ordre dans le cortège afin d’éviter les débordements : «Le premier, pour le cortège de tête, tourne autour de 100 personnes. Pour l’autre, on ne sait pas encore, ça va dépendre de la taille de la manifestation. « Mais la préfecture aura évidemment son rôle à jouer ».


Rachid Laïreche, Libération – Titre original : « La bande de Ruffin n’en fait qu’à sa «fête» » – Source (Extrait)