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 Favoriser autant que possible le rapport de tous au loisir

À la vérité, quelles sont donc les conditions de possibilité de la participation de tous à la vie de l’esprit ? À ce que chacun puisse demeurer ouvert à telle pièce de théâtre, à telle œuvre picturale ?

[…] Favoriser autant que possible le rapport de tous au loisir, c’est-à-dire diminuer toujours plus la pénibilité et la durée du temps de travail au profit du temps nécessaire au recouvrement de ces forces et à leur libre développement.

On conviendra aisément que cette exigence, alliée à celle selon laquelle « chacun doit pouvoir vivre de son travail », impose une organisation du système de production bien différente de celle que nous connaissons. […]

Le luxe, c’est le temps.

Par-delà la sévère nécessité d’un travail (bien souvent imposé) le loisir est bien le temps de la liberté en acte. Il est, par excellence, le lieu et le moment par lequel la société s’affecte et s’éduque par elle-même. Il est par conséquent chose très sérieuse, dans la mesure où il conditionne le devenir-principe de cette même liberté : appropriation de soi et intensification de son moi au sein d’un espace conçu comme public. […]

Le peuple n’étant jamais rebelle, […] nous sommes bien en présence, aujourd’hui, d’une rébellion contre-révolutionnaire. À cet égard, […] le droit social qui l’accompagne peuvent réapparaître, certes comme des maillons insuffisants, mais nécessaires à nos revendications.


Roman Czapski est doctorant en philosophie à l’université de Strasbourg. Source (Extrait): La revue du projet n° 59