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La génuflexion, deux « avé Marie», trois claques et beaucoup de vaseline, pour ce bon peuple. MC

Après un long silence, voilà que le président de la République programme deux entretiens télévisés en l’espace d’une semaine. Une fois chez le très rustique Jean-Pierre Pernaut, une fois face à l’improbable tandem Bourdin-Plenel, heureusement plus dérangeant que l’inamovible présentateur du 13 heures de TF1.

Jusqu’ici, Emmanuel Macron [laissait son gouvernement additionnait les réunions avec les syndicats] : soixante-dix en deux mois ! Soixante-dix réunions pour ne rien dire. Et pour ne pas changer une virgule au projet initial qui a fini par arriver intact lundi devant les députés. Cette méthode a eu pour effet de cimenter un front syndical [contre la réforme].

Emmanuel Macron [impose une] offensive globale. Sa méthode est autoritaire. Et son projet, non négociable.

Aurait-il voulu imposer à moindres frais sa réforme de la SNCF qu’il aurait laissé de côté l’explosive question du statut des cheminots. Tout au contraire, il en a fait sa cible principale. On en vient à se demander pour quelle raison Emmanuel Macron se complique ainsi la tâche.

La réponse commence à devenir évidente pour beaucoup de nos concitoyens. Il ne veut pas seulement imposer à la SNCF des méthodes managériales, ni seulement soumettre un service public aux contraintes de la rentabilité, il veut aussi briser toute résistance, pour le présent et le futur.

[…] C’est une victoire quasi militaire qu’Emmanuel Macron veut remporter sur le mouvement social. En a-t-il les moyens, ou est-ce péché d’orgueil ?

[…] la multiplication des feux risque de faire basculer l’opinion.]

[Après les retraités (CSG], les universités (Parcoursup) et les charges policières, le cumul des différentes grèves éboueurs, aviation, Carrefour, Ford, Doux, maintenant l’évacuation musclée de Notre-Dame-Des-Landes sans oublier le va-t-en-guerre en Syrie et le « vidage » des hémicycles des représentants élus du peuple et … en attendant d’autres reformes]. […] l’accumulation des conflits pourrait bien produire à son tour une impression de désordre dont Emmanuel Macron finirait par endosser la responsabilité. L’orgueilleux a peut-être présumé de ses forces. Son obstination révèle cependant un personnage animé par une flamme assez inquiétante pour notre démocratie.


Inspiré pour partie d’un article signé de Denis Sieffert, Politis – Titre original : « Péché d’orgueil » Source (Extrait bien que cet article soit en accès libre)