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Nous vivons une […] époque de transition indécise : d’une part, un bouillonnement d’initiatives de citoyens engagés dans des actions de solidarité et de protection de l’environnement, d’entrepreneurs (associatifs, coopératifs, mutualistes, artisanaux) conjuguant des finalités économiques et sociales, et d’autre part, un malaise persistant, des effets trop modestes de ces initiatives.

[Ces initiatives] semblent marginales, peu influentes sur l’économie globale et les réformes en cours ; elles ne parviennent pas à assurer la voie d’une société plus juste, d’une vie meilleure, à rétablir confiance dans notre cadre de vie et nos institutions.

[…] Ainsi se développent […] animées par des réseaux tels que les « jardins de cocagne » ou les Amap, les expériences d’agriculture «maîtrisée», de production bio, la modification des pratiques alimentaires, le resserrement par des circuits courts des rapports entre citadins et agriculteurs ; mais cette évolution, si significative soit-elle, ne change pas profondément la situation de ceux-ci ; une grande part d’entre eux ne vivent pas décemment, et le taux de production bio reste très faible.

D’autres initiatives de plus en plus nombreuses tendent à insérer les chômeurs par l’activité économique, mais n’offrent que des emplois précaires, en qualité et en nombre insuffisants.

Quant aux associations, aux comités de quartiers qui, dans les villes, combattent la ségrégation et le mal-être sur tous les fronts, [habitat, santé, enseignement, transports, logement] ils témoignent d’un fort élan civique, mais ne parviennent pas à donner à tous un accès aux services essentiels, à remédier vraiment à l’asphyxie grandissante des villes et au dépérissement de l’activité commerciale de leur centre.


Claude Alphandery ancien résistant, banquier et économiste. Dirige le Labo de l’économie sociale et solidaire. – « Libération » – Titre original : « Pourquoi une autre économie est possible » – Source (Extrait)