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        … les aéroports encore plus « rentables » que les autoroutes !

 Au moment où le gouvernement s’apprête à privatiser Aéroports de Paris, ou Groupe ADP, la maison Vinci, leader mondial des concessions et de la construction, qui doit être le premier bénéficiaire de l’opération, vient de publier son rapport annuel. Et sa lecture se révèle instructive.

En 2005 puis en 2006, sous les gouvernements Jospin puis Villepin, Vinci a pu acquérir peu à peu la moitié du réseau autoroutier français. Une privatisation à prix bradé. La preuve ? En échange de chèques d’un montant total de 7,5 milliards d’euros, Vinci a encaissé 10 milliards en douze ans. Un retour sur investissement record, en si peu d’années.

Au titre de l’exercice 2017, les péages ont rapporté à Vinci 1,3 milliard de bénéfices, la moitié de son résultat. Un autre quart provient des aéroports que Vinci exploite déjà en province (Lyon, Grenoble, Toulon, Poitiers, Rennes, etc.) ou à l’étranger, notamment au Portugal. Et, comme le note sans complexe « Investir » (17/3), « la rentabilité des capitaux investis [dans les concessions aéroportuaires] est plus élevée que celle des autoroutes et, a fortiori, que celle des parkings ».

Pour améliorer encore sa rentabilité, Vinci a cédé une bonne partie de ses parkings, notamment parisiens, à Indigo, une société contrôlée par un fonds d’investissement et Crédit agricole Assurances. Et cela en échange d’un chèque de près de 2 milliards.

Il y a trois ans, l’action Vinci valait près de 65 euros. Aujourd’hui, elle a dépassé 81 euros, et, selon les calculs d’« Investir », elle devrait valoir 110 euros après avoir bénéficié de la privatisation de Groupe ADP.

C’est « dire » si Vinci mérite de rafler, encore, le gros lot.


J. C. – Le Canard Enchainé – Mercredi 28 Mars 218