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Damien porte une cible noir sur son manteau. « Mon ministère de la culture est en danger », peut-on y lire. Il est 14 heures ce jeudi à Bercy (Paris 12e) et ce fonctionnaire, qui travaille au château de Versailles (Yvelines), s’apprête à prendre le départ de la manifestation des fonctionnaires.

Selon le collectif des médias, 34 700 personnes – salariés, retraités, étudiants, lycéens – ont défilé à Paris dans une ambiance bon enfant entre Bercy et Bastille à l’appel de sept syndicats de fonctionnaires (CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU et Solidaires).

Damien déplore « les employés contractuels qui ne cessent d’augmenter, les salles qui ferment au château de Versailles, les conditions de travail qui se dégradent », et comme les milliers de personnes autour de lui est descendu dans la rue à la suite de l’annonce faite par le gouvernement, fin février, d’un plan de départs volontaires de 120 000 postes dans la fonction publique d’ici la fin du quinquennat.

[…] Macron veut casser notre modèle social et il s’attaque en même temps à tous les secteurs professionnels. Il monte les gens les uns contre les autres », déplore Dominique, ancienne enseignante, également inquiète car elle va perdre 720 euros par an sur sa retraite avec la hausse de la CSG.

[…] Parmi la majorité de fonctionnaires, employés d’Air France, de la sécurité, les deux professions les plus représentés sont sans nul doute les enseignants et les fonctionnaires des hôpitaux. En tête de cortège, sous les ballons de la Fidl, de l’Unef, les lycéens et les étudiants sont ceux qui chantent et crient le plus fort contre la sélection à l’université. […]

Bérangère Lepetit, Le Parisien – Titre original : « Manifestation des fonctionnaires : «Macron monte les gens les uns contre les autres» » – Source (Extrait)


Selon Mediapart, Lucie Delaporte – dans un article  « A Paris, deux cortèges pour une même colère » corrobore et complète le papier du « Parisien » – Source (Extrait)

Pour tous, le but était le même : se faire entendre du gouvernement et protester contre ce qu’ils considèrent comme une attaque en règle. Les perturbations ont été réelles dans les transports et l’éducation, avec 35,4 % de grévistes à la SNCF et 12,8 % à l’Éducation nationale.

Quelques universités ont clos leurs portes pour la journée, parmi lesquelles Paris-I (pour quatre de ses sites), le campus Berges du Rhône de l’université Lyon-II ou l’université Paul-Valéry à Montpellier. Et les manifestants ont répondu présent. Selon la CGT, ils étaient 500 000 dans toute la France, c’est-à-dire 100 000 de plus que pour la journée unitaire contre la réforme de la fonction publique, le 10 octobre dernier. Selon la préfecture de police, l’affluence est la même : 200 000 personnes.

À Paris, le collectif des médias qui a fait réaliser par le cabinet Occurrence un comptage indépendant, auquel Mediapart participe, annonce 47 800 manifestants. La police en a compté 49 000, et les syndicats organisateurs 65 000.

Dans le détail, Occurrence a dénombré environ 2 000 manifestants de plus que la police dans le cortège des fonctionnaires, et 3 000 de moins dans celui des cheminots. Près de 50 000 personnes pour battre le pavé parisien, donc.

Un chiffre non négligeable, qui n’avait pas été atteint depuis plusieurs années.