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Cela m’est impossible de ne pas comparer les bénéfices du CAC 40 et les super distributions aux actionnaires avec le nombre de personnes tirant le diable par la queue, ceux ne survivant que grâce aux associations caritatives, etc.

C’est plus que de l’indécence. MC

L’évolution et les résultats 2017 du CAC 40 [ont affiché l’an dernier,] des bénéfices record […] Leur rentabilité monte en flèche, […] en hausse de 21,3 % qui augmente ainsi trois fois plus vite qu’un chiffre d’affaires, qui progresse de 6,2 % sur 2016.

Cela profite-t-il à l’emploi en France ?

[…] On peut remarquer […] que, selon l’Insee, les groupes de 5 000 salariés et plus ont supprimé 59 800 emplois entre 2009 et 2015 dans l’Hexagone.

Ce qui est certain, en tout cas, c’est que, s’ils rapportent plus aux investisseurs, ces derniers le leur rendent bien. Et c’est là un deuxième trait de la financiarisation du CAC 40.

Selon une étude publiée par les services d’Euronext, la société qui gère plusieurs des plus importantes bourses européennes, fin 2016, les fonds d’investissement, ces sociétés de placement internationales, essentiellement motivées par la rentabilité et la sécurité de leurs placements, possédaient 350 milliards d’euros investis dans le CAC 40 au travers de 15 000 fonds, soit 25,9 % de l’actionnariat du CAC 40, contre 208 milliards d’euros et 21,9 % de cet actionnariat en 2012.

Les deux fonds qui pèsent le plus lourd dans cette mêlée sont américains.

  1. Il s’agit d’abord de BlackRock, le plus important gestionnaire d’actifs au monde avec plus de 6 000 milliards de dollars fin 2017, qui recueille notamment les avoirs de retraités américains. Il est présent chez Axa, Michelin, Air liquide, Valeo, Schneider, Pernod Ricard…
  2. Le second est le fonds Vanguard, qui, lui, gère plus de 4 000 milliards de dollars.

Ces deux sociétés détiennent respectivement 2,3 et 2 % des actions des groupes du CAC 40, contre 1,5 et 1 %, fin 2012.

Viennent ensuite, comme principaux investisseurs du CAC, les familles et les fondateurs des entreprises tels que les Arnault, Bettencourt et autres Bolloré. Ils détiennent 10 % de l’actionnariat de l’indice, soit 135 milliards d’euros, contre 9,2 % fin 2012.

La famille Arnault dispose du plus gros patrimoine.

Dans ce recensement, ceux qui apparaissent comme des miséreux, ce sont les actionnaires salariés. Ils détiennent 3,3 % des actions du CAC 40, fin 2016, contre 3,5 %, fin 2012. Et en plus, ils n’ont aucun pouvoir sur les choix de gestion de leur groupe !


Pierre Ivorra – Source