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Sans être en « accord » avec le mouvement dirigé par JL Mélenchon, je suis étonné par le battage fait autour du financement de sa campagne présidentielle de 2017.

Comme ne le suggère absolument pas le journaliste de Médiapart dans son article, l‘organisation de campagne à « jouée » astucieusement avec les prolifiques artifices concoctés par les gouvernements successifs permettant de cacher les chômeurs. C’est l’arroseur arrosé qui dénonce l’utilisation des tuyaux !

Pour conclure : Il serait juste que Médiapart et ses journaleux « se penchent » sur les comptes de campagne de tous les candidats avec autant de zèle, mais le feront-ils, c’est moins sûr ! MC

Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des « mensonges », « ragots sans intérêt » et autres « insinuations de propagande partisane, [depuis que la commission de contrôle (CNCCFP)] a retoqué plus de 400.000 euros de dépenses (sur les 10,7 millions de compte de « campagne présidentielle » de 2017, déclarées), jugées injustifiées ou dénuées de caractère électoral.

Ces « réformations » n’ont certes rien d’exceptionnel.

Mais […] impactent le montant de son remboursement par l’État, raboté par la commission de 330.000 euros [remboursement ramené à 6,03 millions €]. […]

Pour comprendre au mieux les coulisses financières de cette campagne, Médiapart a épluché, en avant-première, le compte du candidat et ses cartons de factures, accessibles dans les locaux de la CNCCFP depuis lundi 12 mars, à tout citoyen qui en fait la demande.

À l’issue de cette plongée, la première surprise concerne les modalités de rémunération de l’équipe. Comme plusieurs médias l’ont déjà pointé (Le Monde ou France Inter), la trésorière de Jean-Luc Mélenchon a déclaré à peine 8 000 euros en frais de « personnels salariés », alors que les autres têtes d’affiche de la présidentielle ont toutes déboursé entre 1 et 2 millions d’euros en salaires et cotisations patronales.

La raison ?

Le candidat insoumis a préféré fonctionner avec des personnels sous statut d’auto-entrepreneur. Il en a le droit, mais cette organisation entre en contradiction avec les positions de l’un des principaux pourfendeurs de l’« ubérisation » de la société. Selon nos informations, tous les secteurs de la campagne, représentant une quinzaine de personnes, ont été ainsi externalisés : le secrétariat général, le porte-parolat, l’animation, le service informatique, les relations presse, etc.

Un certain nombre de militants ont donc créé leur micro-entreprise spécifiquement pour la campagne, adressant leurs factures au coup par coup à la trésorière, Marie-Pierre Oprandi, une fidèle parmi les fidèles de l’ancien sénateur de l’Essonne. Ces prestations, fixées par un contrat entre les deux parties sur un barème allant de 150 et 385 euros par jour, a permis aux membres de l’équipe de campagne de toucher des rémunérations mensuelles stables.

C’est par exemple le cas de deux personnes chargées des « groupes d’appui », qui ont monté leurs entreprises respectives en janvier 2017 pour les fermer une fois la présidentielle passée (13.000 euros de factures sur l’ensemble de la période pour l’une, 12.000 euros pour l’autre).

Alexis Corbière, porte-parole officiel de Jean-Luc Mélenchon, est dans la même situation. La société créée par cet enseignant en disponibilité a facturé 27.000 euros d’honoraires sur sept mois de campagne, soit au candidat, soit à l’entreprise détenue par sa directrice de communication, Sophia Chikirou. Ce montant brut n’a sans doute rien d’excessif. Mais comment comprendre que le numéro deux de la campagne n’ait jamais été salarié ? À la place, pour se faire rémunérer, Alexis Corbière a produit des factures pas banales : en octobre 2016, par exemple, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon se fait payer 205 euros par le candidat pour une intervention sur France 3 Île-de-France (« préparation, lecture d’argumentaires, enregistrement et déplacement »), correspondant à « 7 heures de travail ». Le lendemain, rebelote sur LCP : 205 euros d’honoraires pour son passage dans « Ça vous regarde ». Etc. […]

Des discussions avec les services fiscaux !

Une seconde structure a dérouté les contrôleurs de la CNCCFP : baptisée « L’Ère du peuple », cette association a pour objet social de fournir un « support technique et logistique à toutes initiatives prises au service des idées de Jean-Luc Mélenchon pour réaliser la révolution citoyenne ». Omniprésente, celle-ci a pris en main nombre d’actions de campagne : direction des projets de communication, conception et gestion du site http://www.jlm2017.fr, régie pour les meetings, accompagnement des groupes d’appui, conception et gestion d’événements, prestations vidéo, location de matériel vidéo et informatique, etc.

Trois de ses quatre salariés appartenaient d’ailleurs à l’équipe de campagne, dont Bastien Lachaud, à la fois trésorier et salarié de L’Ère du peuple. Celle-ci a finalement facturé plus de 400 000 euros de prestations matérielles ou intellectuelles au candidat.

Le hic ? 190 000 euros ont été jugés non remboursables par la commission dont la décision, publiée le 13 février, a illico braqué les projecteurs sur la structure, jusqu’ici passée sous les radars médiatiques. De fait, comment cette association de type loi 1901, a priori à but non lucratif, a-t-elle pu facturer autant sans être assujettie à la TVA, ni à l’impôt sur les sociétés (non réglés pendant la campagne) ?

Consulté par Médiapart, un spécialiste du droit des associations considère a minima que cette situation mérite un « examen approfondi ». « L’association ne recherche pas à réaliser de profits et ne peut pas redistribuer des profits à ses membres, nous répondent ses responsables par écrit. Son objet strictement limité exclut qu’elle se place dans un contexte de concurrence ou de prise de marchés. C’est la raison pour laquelle L’Ère du Peuple n’est pas soumise à la TVA. » Idem pour l’impôt sur les sociétés.

Le lendemain même de la décision de la CNCCFP, Jean-Luc Mélenchon a néanmoins anticipé une révision possible sur ce point. « On nous a dit : “Oui, mais à partir d’un certain niveau, faut payer la TVA, eh bien on va payer la TVA, ce n’est pas un sujet, a-t-il expliqué sur YouTube. Aucun d’entre nous n’a eu l’idée de cacher la TVA d’une activité de campagne (…). Il y a aucune cachoterie sur le sujet. » […]


Mathilde Mathieu, Médiapart – Titre original : « Les montages artisanaux de la campagne de Mélenchon » – Source (très court extrait)