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Une équipe de plongeurs vient de découvrir une nouvelle population de ce qui pourrait bien être le poisson le plus rare au monde. Son petit nom : le poisson rouge à main – Red Handfish (Thymichthys politus), un petit poisson marcheur dont la population connue, endémique de Tasmanie, ne dépasse pas 20 individus.

Ce petit poisson rouge, qui s’appuie notamment sur ses nageoires pectorales pour se mouvoir au fond de l’eau, est endémique de l’est de la Tasmanie (un état insulaire au sud de l’Australie). Il a été découvert pour la première fois au XIXe siècle, près de Port Arthur puis quelques spécimens ont été trouvés au large de Bridport (Bass Strait) en 1950 et sur un petit récif de la Péninsule de Forestier dans les années 1980.

Jusqu’alors, l’observation de la plus grande population connue de poisson rouge à main se limitait à moins de 10 individus à Primrose Sands Reef dans la baie Frederick Henry, durant les années 1990. Toutefois, ils n’ont plus été observés à cet endroit depuis plusieurs années à cause d’une infestation d’oursin indigène qui a détruit son habitat.

Or, fin janvier 2018, une équipe de plongeurs de Institute for Marine and Antarctic Studies (IMAS) de l’Université de Tasmanie et du projet scientifique citoyen Reef Life Survey (RLS) a découvert, après deux jours de recherches, une nouvelle population de poisson rouge à main à un certain nombre de kilomètres du spot déjà connu dans la baie Frederick Henry. Afin de lui donner toute ses chances d’être préservée, les plongeurs maintiennent secret ce nouvel emplacement.

Les poissons découverts se limitent à un territoire de seulement 50 mètres sur 20 mètres – soit la taille de deux courts de tennis. En effet, ce poisson de mer est limité dans ses déplacements par le fait qu’il marche sur le fond marin au lieu de nager.

La responsable technique de l’IMAS, Antonia Cooper, a repéré le premier poisson au moment où l’équipe était sur le point d’abandonner, et en fouillant dans les algues il a découvert ce petit poisson si discret : « trouver une nouvelle population nettement distincte de la population existante est très excitant. Cela signifie qu’il y a potentiellement un plus grand bassin de gènes et qu’il y a potentiellement d’autres populations que nous n’avons pas encore trouvées, alors c’est vraiment très excitant« , a-t-elle déclaré.

8 poissons ont été découverts, c’est peu mais c’est le double de la population déjà connue : « trouver cette deuxième population est un énorme soulagement car elle double efficacement le nombre d’individus qui, selon nous, restent sur la planète« , a déclaré le Dr Stuart-Smith, chercheur à l’IMAS, qui a cofondé Reef Life Survey en 2007 avec le professeur Graham Edgar pour collecter des données sur la vie marine mondiale.

Autre bonne nouvelle : l’habitat de cette nouvelle population est différent du premier spot connu, ce qui signifie que les poissons rouges à main ne sont pas aussi dépendants d’un milieu spécifique, comme on pouvait le croire.

Dans tous les cas, cette espèce est classée comme en danger critique d’extinction et il suffirait de bien peu pour que ce curieux petit poisson disparaisse définitivement.


Blog Notre Planete.Info – titre original : « Découverte d’une nouvelle population du poisson le plus rare au monde » – Source