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La réalité des urnes en dit souvent plus que de longs discours.

[…] À l’élection présidentielle, les résultats d’Emmanuel Macron furent strictement indexés sur la taille de la commune. […] …[devancé  au deuxième tour, dans les commune de moins de 1.000 habitants, il inversa la tendance en gagnant plus de voix en fonction de l’importance de villes que sa concurrente]

Souvent, l’échec d’un président s’exprime par la perte d’un électorat qui lui est initialement favorable.

  • Chirac par exemple avait raté sa dissolution en 1997 parce que le plan Juppé lui avait fait perdre les médecins.
  • Sarkozy n’a pas retrouvé en 2012 l’électorat populaire qui l’avait propulsé en 2007.
  • Hollande a conduit la gauche à la déroute en perdant et les ouvriers et les enseignants.

Transcender les clivages

Face aux campagnes aujourd’hui, le risque pour Emmanuel Macron n’est donc pas de perdre un électorat qu’il n’a jamais séduit. L’enjeu politique n’est cependant pas mineur pour lui. La «promesse» macroniste est de transcender les clivages, de rassembler par-delà les appartenances habituelles. Or, laisser s’accroître une fracture, laisser infuser l’image de « président des villes » négligeant les campagnes – comme celle de « président des riches » ne se souciant pas des pauvres – c’est trahir l’ADN même de l’offre politique qu’il a imposée en 2017.

Donc y compris pour conserver son électorat urbain, Macron a besoin de donner des signes de compréhension et d’attention au monde rural ; bien au-delà d’une visite marathon au Salon de l’agriculture.

[…] Souvent embarrassés pour critiquer les réformes économiques et sociales, Les Républicains de Laurent Wauquiez saisissent comme une aubaine de pouvoir construire une alternative autour des questions d’« enracinement », de « territoire », de « ruralité ».

[La gauche engluée dans ses exercices de différences n’ayant perdu tout soutient des syndicats et des intellectuels pas plus que d’une bonne (très grande ?) partie du monde salarial disloqué a souhaits par les diverses réformes, bâillonnée par les crédits à la consommation, les couts du logement, parfois le chômage, a lui aussi délaissé le monde rural.]

Le monde des campagnes a beau être démographiquement minoritaire, il peut être politiquement destructeur pour le président.


Guillaume Tabard, Le Figaro – Titre original : « La ruralité, danger politique pour Emmanuel Macron » – Source (Extrait)