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  • Le quotidien : 70 élus qui démissionnent contre un projet de fermeture d’un service hospitalier, ce n’est pas rien ! Quel sens donnez-vous à cette initiative ?

Danielle Konieczny [maire démissionnaire de Ouagne] : [À Clamecy, et ses environs, nous sommes très inquiets par l’annonce du projet de fermeture nocturne des urgences de l’hôpital decidé par  l’agence régionale de santé [ARS] Bourgogne-Franche-Comté.] Cette fermeture serait une catastrophe !

Notre département connaît déjà une forte désertification médicale. Le maintien de ce service d’urgences est indispensable. Pour contester cette annonce, les élus du territoire se sont réunis en collectif. Une partie d’entre eux a en effet remis sa démission en sous-préfecture pour affirmer une opposition à ce projet de fermeture. Si la fermeture devient effective, l’ensemble des conseils municipaux démissionneront. Nous avons déjà signé une lettre d’intention collective en ce sens.

[…] … un territoire déjà affecté par […] la fermeture récente [mi-février, NDLR] de la maternité de Cosne-sur-Loire, il ne reste que plus que trois maternités dans la Nièvre, la maternité de Clamecy ayant fermé il y a dix ans déjà. En conséquence, les distances à parcourir pour accéder aux soins ne cessent de s’allonger.

[…] Si les urgences de Clamecy ferment la nuit, les habitants devront compter de 45 minutes à 1 heure de route pour rejoindre les centres hospitaliers d’Auxerre ou de Nevers. Nous nous sentons de fait de plus en plus isolés et abandonnés. C’est pourquoi tout le département est mobilisé, élus comme habitants.

[…] Sur notre territoire, la population est vieillissante. Les pathologies liées aux personnes âgées, comme les AVC, nécessitent une proximité. Dans un secteur placé en zone défavorisée comme le nôtre, la question de la fermeture des urgences la nuit ne devrait même pas se poser. […]

  • L’ARS argue du manque de médecins pour justifier la fermeture des urgences. Que répondez-vous ?

L’idée de l’ARS est de transférer l’activité vers l’hôpital d’Auxerre, à 45 km de là. Or, là-bas aussi, les personnels soignants ont du mal à assurer le service. Ils sont déjà débordés et nous devrions nous tourner vers eux ? Ce n’est pas une solution. L’hôpital d’Auxerre connaît les mêmes problématiques que celui de Clamecy pour attirer les médecins. Actuellement, le service des urgences de Clamecy fonctionne de jour comme de nuit. Nous voulons simplement que cela continue.


Info du 28 fév. 2018 – Elsa Bellanger – Le quotidien du médecin – Titre éponyme – Source (Extrait)