Étiquettes

,

C’est l’une des questions de ces derniers jours : les propos tenus par Laurent Wauquiez devant des étudiants lyonnais (qu’on imagine consternés) ont-ils été enregistrés à son insu, ou alors ce dérapage a-t-il été mis en scène par le président fraîchement élu des Républicains pour radicaliser un peu plus son discours (on peut tout attendre d’un homme qui a tant d’admiration pour Patrick Buisson), et qui se teint les cheveux en gris pour paraître plus expérimenté auprès de l’électeur « vieillissant ».

Dans un laïus décousu, on l’entend accuser, insulter, décrédibiliser [bon nombre aussi bien d’ex-membres que d’adhérents connus de Les Républicains].

Il [nous] faut […], dresser ce constat assez simple qui est celui du surplace effectué par Laurent Wauquiez après la déroute qui fut celle de François Fillon. Appelé au poste de président pour remettre un coup de boost à une droite à moitié cuite, Wauquiez, qui aurait pu penser s’adresser à une frange ultraréactionnaire de la droite qu’il incarne, s’est au contraire tiré une balle dans le pied.

[C’est du] mépris pour les Français, pour les politiques, pour son propre clan, pour les médias […]. […] … Laurent Wauquiez a montré l’inconséquence de sa démarche et la nullité crasse de sa stratégie. Que celle-ci fût préméditée ou non.


Pierre Siankowski – Edito des Inrocks – source (Extrait)


La réponse d’Alain Juppé sous la plume d’Alexandre Rousset dans « Les Échos »  – Source (Extrait)

La réplique a mis du temps à arriver, mais elle est brutale. Lundi, Alain Juppé a sévèrement répondu aux propos « lamentables » et d’« une vulgarité extrême » de Laurent Wauquiez.

Il y a une semaine, le président des Républicains avait accusé l’ancien Premier ministre d’avoir « totalement cramé la caisse » en tant que maire de Bordeaux, lors d’un cours devant des étudiants de l’EM Lyon, enregistré à son insu, et qui a déjà fait couler beaucoup d’encre.

Face à la polémique, Alain Juppé a, lui, gardé le silence toute une semaine, avant de sortir de sa réserve ce lundi, à l’occasion de sa traditionnelle conférence de presse précédant le conseil municipal de Bordeaux, où il doit justement présenter les orientations budgétaires de la ville pour 2018. […]

« Je ne veux pas alimenter cette polémique. Simplement je veux rétablir la vérité. Et la vérité, c’est que la capacité de désendettement de la ville de Bordeaux est bonne. Le seuil à ne pas dépasser, c’est 12 ans. Nous sommes cette année à 4,6 », a-t-il déclaré.

Et l’ancien Premier ministre n’a pas résisté à la tentation de comparer ces chiffres avec ceux de la ville du Puy-en-Velay, dont Laurent Wauquiez a été maire entre 2008 et 2016. « Le Puy-en-Velay est à 7,8 en 2016, deux fois moins bien que Bordeaux, donc je n’ai pas de leçons à recevoir », a-t-il lancé.

Des propos « dévastateurs » pour LR Plus globalement, le maire de Bordeaux, qui s’est mis en retrait des Républicains après l’élection de Laurent Wauquiez à sa tête, s’est montré inquiet pour sa famille politique