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Ce n’est pas encore le grand exode, mais une tendance inéluctable, à laquelle la France va devoir faire face : ses cerveaux sont de plus en plus mobiles. Une étude du Conseil d’analyse économique (CAE) intitulée « Préparer la France à la mobilité internationale croissante des qualifiés », vient nous le rappeler. Même s’il est difficile d’avoir des chiffres très précis sur le nombre exact de départs. En effet, la France ne comptabilise pas les sorties de son territoire. Seulement les entrées. Et il n’existe pas de base recensant, de manière continue et exhaustive, la présence des Français à l’étranger. [et pourtant ils votent et élisent leur député !!! – MC]

Selon INSEE ref lien

Le nombre d’inscrits au registre des Français tenu par les consulats au 31 décembre 2017 s’élève à 1821 519, soit une progression de 2.2% par rapport à 2016. Cette augmentation est inférieure à la tendance moyenne d’accroissement de la communauté française à l’étranger au cours des dix dernières années, à savoir une croissance annuelle moyenne de 3,24 %. Pour mémoire, l’inscription au registre n’est pas obligatoire. On estime le nombre global de Français vivant à l’étranger, y compris ceux qui ne sont pas inscrits au registre entre 2 et 2,5 millions.


Les deux auteurs de l’étude ci-dessous sont Cecilia Garcia-Penalosa, directrice de recherche au CNRS à l’école d’économie d’Aix-Marseille (AMSE), et Etienne Wasmer, professeur d’économie à Sciences Po, codirecteur du laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (Liepp), tous deux membres du CAE. […]

D’abord, parce que si le flux net de l’expatriation [est important compte tenu qu’en priorité se sont « des cerveaux » qui partent], les taux d’émigration restent beaucoup plus faibles que chez nos voisins européens. […] Enfin, ne faut-il pas se réjouir que les jeunes diplômés soient bien formés et qu’ils puissent ainsi tenter leur chance à l’étranger ?

Les réfugiés qualifiés préfèrent l’Angleterre et l’Allemagne

[…] … ce que démontrent Cecilia Garcia-Penalosa et Etienne Wasmer, c’est que le niveau moyen de qualification des arrivants est inférieur à celui des partants. […] … la crise des migrants est venue nous le rappeler : les réfugiés, dont beaucoup étaient qualifiés, disaient préférer l’Angleterre et l’Allemagne à la France. [voilà de quoi interpeller sur le devenir de la recherche en France – MC]

Par ailleurs, l’un des points les plus importants, selon les auteurs de l’étude, est que ceux qui partent sont dans la tranche des 25 à 50 ans. « A l’âge où ils devraient équilibrer les comptes sociaux et les coûts de leurs formations initiales, ils le font dans d’autres pays développés, notamment anglo-saxons. » […]

La France, 3e pays d’accueil pour les étudiants

Les deux économistes estiment nécessaire d’élaborer une stratégie cohérente qui ne consisterait pas à retenir les personnes qualifiées, ce qui « serait vain », mais plutôt à « encourager leur retour et, parallèlement, à faire venir des personnes de niveau équivalent ». Il faudrait également inciter les étudiants étrangers venus se former en France à y rester.

Régulièrement, le ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur s’enorgueillit de voir la France attirer de nombreux étudiants (troisième pays d’accueil selon l’organisme Campus France) mais oublie de préciser qu’elle a du mal à les garder. « Le taux de rétention des étudiants étrangers est très faible comparé aux autres pays : 4 %, contre 23 % aux Pays-Bas ». Jusqu’à présent, la politique de visas française n’a pas facilité l’accès au travail pour les étrangers formés en France. […]


Nathalie Brafman – Le monde – titre original « La France doit se préparer à l’émigration de ses cerveaux » – Source (Extrait)