Étiquettes

Cet article est plus qu’un cirage de pompes, c’est ni plus ni moins qu’une servilité, une dévotion, une serpillière se rependant en génuflexions devant le roi Emmanuel … Oyez bon peuple de France la macronite veille sur vous et vous tondra autant que possible pour la plus grande satisfaction d’élites de sciences po, de l’Ena et de tous les financiers…  Oui, je sais c’est moi qui affirme qu’il faut tout connaitre pour se faire un jugement … MC

 

Historiquement, la droite se préoccupe de liberté, la gauche d’égalité. La droite se demande comment on doit créer davantage de richesses, la gauche comment on peut mieux les redistribuer.

Le gouvernement issu des urnes à prit depuis juin bon nombre de mesures relevant du programme de la droite, […] : suppression d’une partie de l’ISF, baisse de la fiscalité sur le capital, pérennisation des baisses de charges, réforme du marché du travail.

Doit-on pour autant s’en tenir à cette seule aune et conclure que Macron mène une politique de droite à laquelle s’oppose en tout point une  » vraie  » politique de gauche ? A l’évidence, la réponse est non, et ce pour plusieurs raisons.

[…] … les mesures dites de droite prises par Macron ne sont pas les seules. On pourrait par exemple dire que la suppression de la taxe d’habitation relève d’une politique de gauche [!!!]. Par ailleurs, le maintien d’un très haut niveau de dépenses publiques confirme la préservation de la logique fortement distributive du système français. [!!!]

Globalement, la politique économique du gouvernement trouve son centre de gravité au centre droit, tandis que la politique sociale porte le sceau du centre gauche [!!!]. Et que sur un certain nombre de problèmes de société sensibles, comme la procréation médicalement assistée, la gestation pour autrui, l’immigration ou la laïcité, les choix ne sont pas stabilisés, probablement parce que sur ces questions les clivages sont forts même s’ils ne recoupent que partiellement le clivage gauche-droite. Cela étant, cette identification du logiciel Macron aux deux grands courants de pensée est très insuffisante pour comprendre la dynamique Macron.

Parce que la gauche et la droite ne constituent plus des ensembles homogènes. Qui peut encore sérieusement parler d’un électorat de gauche pour qui connaît le gouffre abyssal qui sépare La France insoumise du centre gauche ? Et qui peut imaginer que le PS puisse devenir plus que le mémorial des  » trente glorieuses  » ? Beaucoup de mesures prises par Macron se situent d’ailleurs dans la continuité des choix de Hollande après 2014. […] Macron concrétise une réalité en gestation depuis dix ans : la convergence croissante entre le centre gauche et le centre droit sous l’effet de la globalisation.

Nombre de sondages soulignent que 40 % des Français se reconnaissent au centre. Mais dans le logiciel Macron il y a plus que cette volonté de dépassement des clivages. Il y a l’ambition de changer la matrice du modèle français. Ce modèle construit par strates successives s’est toujours fondé sur l’ambition ultime de l’Etat de protéger les citoyens contre les aléas économiques et sociaux du monde. Et ce en développant un système de plus en plus sophistiqué de réparation des dégâts sociaux. On peut donc dire que pendant longtemps la force du modèle français a tenu à ses performances réparatrices. Réparer contre les dégâts de la maladie : la France dispose de ce point de vue d’un des meilleurs systèmes de santé du monde.

Réparer contre les dégâts du chômage : c’est un libéral, Valéry Giscard d’Estaing, qui a mis en place l’indemnisation la plus généreuse que nous ayons connue. Mais ce modèle réparateur est ébranlé. Pour des questions aussi bien de coût que d’inadaptation à un monde nouveau fondé sur l’innovation et où les inégalités naissent en amont et dès le plus jeune âge. Nous disposons d’un bon système d’indemnisation du chômage, mais d’un mauvais système de formation. Nous disposons d’un bon système de soins, mais d’un dispositif de prévention insuffisant. Nous bénéficions d’un système éducatif fortement doté en moyens, mais d’une organisation soviétisée à la peine pour détecter les élèves en difficulté. On voit donc que les problèmes se situent en amont et que la logique réparatrice sur laquelle s’appuie notre modèle se trouve à bout de souffle.

Naturellement, on ne parviendra jamais à contenir en amont l’ensemble des problèmes. Tout l’enjeu pour Macron est donc de faire passer la France d’un système qui répare à un système qui prépare. Préparer, c’est prévenir et donc agir avant que des problèmes insurmontables ne surgissent. Sa démarche est en tout point conforme aux thèses de la prédistribution très en vogue dans la gauche américaine.

Dans un monde où les inégalités se forment en amont, la redistribution ne suffit plus. Il faut aller en amont pour prédistribuer les ressources matérielles et immatérielles comme le savoir. Cette mutation est politique, culturelle et administrative. Autant dire qu’elle impose une mise en mouvement importante de la société et de ses institutions. Cette mutation ne prendra pas cinq ou dix ans. Elle en prendra plutôt quinze ou vingt. C’est à cette aune que l’on pourra véritablement évaluer les choix d’Emmanuel Macron.


Laïda Zaki, politologue et membre de LRMLe Monde Titre original de l’article : « La politique de Macron : préparer pour moins réparer » – Source