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Partant du principe que tout ce qui se passe dans la société doit être connu et éventuellement discuté, vous trouverez ci-après un sujet qui aujourd’hui semble encore faire polémique alors qu’il devrait être sereinement évoqué, sans a priori.

[…] L’homophobie en milieu rural, reste un sujet tabou en 2018 tant les statistiques officielles sont inexistantes, excepté dans un rapport publié chaque année par SOS homophobie. […]

Depuis cinq ans, les associations qui luttent contre l’homophobie dans le chef-lieu du département de la Haute-Vienne ont monté un collectif lesbien, gay, bi et transgenre pour mutualiser leurs efforts. […]

Peu de moyens, mais déjà du chemin parcouru

Une fois par mois, plusieurs bénévoles se retrouvent dans les locaux de l’association, qui prête ses salles de réunion selon les besoins des autres membres du collectif. « Chaque structure à son savoir-faire. On s’enrichit mutuellement de nos expériences, ce qui nous permet d’apporter de meilleures réponses et conseils aux victimes, explique Sylvain. Et puis, on ne va pas se le cacher, on est plus forts à plusieurs. »

Depuis septembre 2017, le collectif a été renforcé par l’arrivée d’Olivier, nommé correspondant-relais du Refuge à Limoges. Cette association, créée en 2003 et présente dans seize villes de France, vient en aide aux jeunes victimes d’actes homophobes (garçons ou filles de 18 à 25 ans) et exclus de chez eux.

Six mois plus tard, malgré le peu de moyens, Olivier se félicite du chemin déjà parcouru : « Tout a débuté au Forum des associations de la ville, début septembre, se rappelle-t-il. J’étais seul à la table que la mairie avait bien voulu m’accorder, avec ma pancarte ‘Recherche bénévoles ». Et ça a marché.

Une dizaine de personnes le rejoignent les jours suivants et s’engagent. Les profils sont variés: jeunes, actifs ou retraités, hommes, femmes, homos ou hétéros. De quoi balayer les peurs d’Olivier qui craignait de se retrouver dans des réunions trop « sectaires », où « les personnes ont toutes le même profil ».

Pour Jean-Luc, retraité du secteur informatique, la prise de conscience est liée à un événement personnel : « Un jour, le fils d’un couple d’amis, un étudiant de 20 ans, a été retrouvé mort. Il s’était suicidé. Pourtant, il n’était pas rejeté par ses parents qui savaient qu’il était homosexuel. On ne sait pas si c’est la cause de son geste mais il avait ce mal-être au fond de lui. Je me suis dit qu’en me mobilisant je pourrais peut-être changer le destin d’une personne, au moins. Ce serait déjà une victoire. »

SOS Homophobie organise des interventions en milieu scolaire

Pour le moment, la principale mission des bénévoles du Refuge est de relayer le numéro d’urgence de l’association afin de mettre en place un véritable maillage sur un territoire majoritairement rural. Ils réfléchissent aussi à des moyens d’action en vue de la prochaine Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, le 17 mai.

En outre, au sein du collectif, les autres missions ne manquent pas : SOS Homophobie, qui dispose d’un agrément national du ministère de l’Education, organise par exemple des interventions en milieu scolaire. […]


Julien Rebucci – Les Inrocks – Titre original « L’homophobie au quotidien : reportage dans le Limousin » – Source (Extrait)