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Oui je suis bien au courant de ce qui se passe dans ce genre de résidences pour personnes âgées et je suis d’accord sur les revendications du personnel.

 

Le montant des hébergements devient tel que beaucoup de familles ne pourront plus se permettre financièrement d’y « placer » un membre de leur famille.

Il en resultera bien souvent un appauvrissement des biens familiaux ancestraux, pour autant les augmentations successifs ne résoudront pas le problème de l’avenir de tels établissements.

Lorsque j’étais jeune il existait malheureusement mais c’était encore mieux que la taudis « des fortifications » ou la rue,  des hospices, véritables mouroirs cantonnés ou des zombis étaient cantonnés dans de vastes salles sans cloison et un poêle central.  Les lits étaient en grand nombre flanqués à l’identique pour chacun des résidents, d’un côté d’une table de nuit de l’autre une armoire-penderie de faible contenance.

Le plus souvent les plus démunis héritaient d’une tenue composée d’une veste et pantalon bleu qui les signalaient lorsqu’ils osaient franchir l’enceinte de l’établissement. Certains mendiaient, d’autres passaient leurs journées à tuer le temps devant quelques verres d’un vin rouge de provenance inconnue, d’autres passaient leur temps à récupérer les mégots jetés par les passants, ce tabac récupéré finissant étalé sur quelques feuilles de journaux, était revendu quelque centimes permettant au « ramasseur » l’achat de biens de première nécessité.

Les résidences privées pour personnes âgées, « luxe suprême », n’existaient  que dans quelques lieux prisés par une certaine catégorie de fortunés. MC

C’est pourquoi l’article qui suit, ne peut que révolter … tout en confortant les « possédants », thésaurisant sur le dos des « aidés ». Ah, Thénardier !

Leurs investisseurs, les sociétés en conseil de gestion de patrimoine promettent des taux de rentabilité dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) compris entre 4 et 6 %, avec une fiscalité quasi nulle. « Investir en Ehpad : la solution à fort rendement ! Un marché en plein essor ! », promet ainsi la société P&F Management. « L’Ehpad s’avère un excellent investissement anticrise », clame un site Internet spécialisé.

Les promoteurs immobiliers et les grands groupes gestionnaires de ce type d’établissements multiplient les appels à investir dans un domaine où le déficit chronique de places permet de spéculer sans scrupules.

Sur les 7.400 Ehpad répertoriés en 2014, 45 % étaient publics, 30 % privés non lucratifs et 25 % commerciaux (1). Ces derniers tendent à accroître leur part de marché. Le chiffre d’affaires d’Orpéa, numéro un des groupes gestionnaires d’établissements, a grimpé à 1,95 milliard d’euros en 2014, soit une progression de 21 % par rapport à 2013, et son bénéfice net a augmenté de 16,6 %. Si, dans les établissements publics, le tarif mensuel du séjour restant à la charge du patient et de sa famille une fois les aides déduites varie entre 1 000 et 1 500 euros, il peut monter jusqu’à 3 000 ou 4 000 euros dans le privé. Ce prix très élevé n’est pas pour autant une garantie de bientraitance, comme le montre le film documentaire Flore (2014), du réalisateur Jean-Albert Lièvre, qui a suivi la dégradation très rapide de sa mère diagnostiquée Alzheimer dans un établissement de luxe de la région parisienne.

Philippe Baqué –L’article date de 2015 – Titre original « Excellent investissement anticrise » – Source : https://www.monde-diplomatique.fr/2016/02/BAQUE/54711