Mots-clés

, , , ,

Emmanuel 1er entendrait que les chasses présidentielles, supprimées par Jacques Chirac, soient de retour.

Faste présidentiel

De son discours de victoire au Louvre, jusqu’à la célébration de ses 40 ans au château de Chambord, le président jupitérien a fait montre d’un certain sens du faste. Lundi 22 janvier, c’est à Versailles qu’il a reçu 140 dirigeants d’entreprises, parmi les plus importantes sur le marché économique, étaient accueillis dans les dorures de la demeure royale.

La restauration des chasses présidentielles s’inscrit dans ce retour du décorum. Héritières des chasses royales organisées par François Ier, elles ont été durant toute la Ve république un instrument de prestige. Chaque année, une quinzaine de sessions étaient organisées, pour les parlementaires, le corps diplomatique, les industriels et les hauts fonctionnaires.

La visite d’un chef d’état pouvait aussi être l’occasion d’une grande chasse, donnée en l’honneur de l’invité. Rambouillet et Marly-le-Roi, dans le département des Yvelines, tous deux domaines présidentiels, mais aussi le domaine de Chambord dans le Loir-et-Cher, étaient alors le théâtre de chasses aux petits animaux, ou de battues au sanglier.

Un instrument diplomatique ?

Il n’y a rien d’anodin dans le rétablissement de cette tradition. La chasse était sous l’ancien régime une prérogative de l’aristocratie. L’activité reste prisée des grands de ce monde et participe d’une pratique de la distinction. Elle est toujours l’occasion de nouer des liens, de renforcer des alliances, autour d’une activité fédératrice. Fusil à la main, et loin des caméras.

Car la pratique n’a jamais totalement disparue. Sous le nom de « battues de régulation », des chasses se tiennent encore sur les domaines présidentiels. Sous le mandat de Nicolas Sarkozy, son conseiller Pierre Charon organisait des battues entre parlementaires et personnalités. Plus exceptionnelle et plus controversée fut la partie de chasse offerte à l’ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, sur le domaine de Rambouillet, lors de sa visite officielle au président Nicolas Sarkozy en 2007. Plusieurs défenseurs de l’environnement et des animaux, dont Brigitte Bardot, avaient à l’époque vivement critiqué ces pratiques.

Notons que lorsqu’il décida en 1995 de supprimer ces chasses, le président Jacques Chirac fut conseillé entre autre, par sa fille Claude et… Nicolas Hulot, son conseiller de l’époque. Rien ne dit si l’actuel ministre de l’environnement aura, cette fois encore, son mot à dire.


Extrait d’un article signe de Camille Tidjditi paru dans les Inrocks – Titré : « Emmanuel Macron souhaite le retour des chasses présidentielles » Source