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[ Nettoyer la constitution, peut-être la réformer, était dans le programme électoral d’Emmanuel Macron. Maintenant de quoi s’agit-il, d’avoir des élus réellement représentatifs des différences politiques des électeurs et disposant d’une puissance décisionnelle ou de rendre les deux assemblées vides de sens pour un règne absolu dictatorial dans une Ve constitution rhabillée de faux semblant ? Avec les premières déclarations essayons d’y voir plus clair. MC ]

Pour Laure Equy, Libération, titre original « Réforme constitutionnelle : le retour en force de Larcher » : Source (extrait)

G. Larcher (LR), […] ….affirme ses lignes rouges et livre ses exigences.

  • La limitation à trois mandats consécutifs ? « Une atteinte à la liberté de choix des électeurs » qui n’est « pas acceptable en l’état ».
  • La réduction du nombre de parlementaires ? Sans être opposé au principe, il pose ses conditions : discuter de l’ampleur de la baisse (un tiers des parlementaires supprimé, ce n’est « pas le nombre d’or », maintenir le ratio de 0,6 entre sénateurs et députés, préserver la représentation des zones rurales en maintenant au moins un député et un sénateur par département ou collectivité d’outre-mer. Et hors de question d’accepter l’élection de cent députés à la proportionnelle, comme l’a préconisé son homologue de l’Assemblée, François de Rugy (LREM).
  • Les présidents des deux Chambres pourraient s’accorder sur des points, notamment pour renforcer les moyens de contrôle et d’évaluation du Parlement : permettre à la Cour des comptes d’assister le Parlement, renforcer le contrôle sur la publication des décrets, obliger le gouvernement à présenter chaque année son programme de travail.
  • En revanche, alors que l’exécutif souhaite accélérer la fabrication de la loi, lui plaide pour «le temps du débat parlementaire» et refuse de rogner sur le droit d’amendement.
  • Enfin, dans ses quarante propositions, le groupe de travail du Sénat ne rate pas l’exécutif. Il est proposé d’inscrire dans la Constitution l’obligation de parité pour le gouvernement, de limiter celui-ci à 20 membres et de leur interdire de cumuler avec des fonctions exécutives locales, comme c’est le cas pour les parlementaires.

Et Larcher de prévenir : « Si cette réforme devait se résumer à un artifice qui affaiblirait le Parlement et fragiliserait les territoires », il n’en sera pas. Or, Macron, pour faire passer sa réforme par la voie parlementaire, va devoir composer avec le Sénat, majoritairement à droite. […]


Et Isabelle Ficek dans l’article « Réforme constitutionnelle : Larcher accroît la pression sur Macron » dans « Les Echos » – Source (Extrait) , insiste sur :

[…] Très réticent devant la réduction du nombre de parlementaires, il a souhaité « débattre » de son ampleur et jugé « indispensable » que les parlementaires conservent un lien avec le territoire, le département n’étant « pas une nostalgie post-révolutionnaire ». Quant à la part de proportionnelle promise par Emmanuel Macron, il a réclamé qu’elle reste « minoritaire et inférieure aux propositions de l’Assemblée nationale ». « 25-30 %, c’est trop », a-t-il tranché. Faisant monter les enchères, il a même fait la leçon à l’exécutif. « La réforme des institutions ne peut s’arrêter aux seules portes du Parlement », a-t-il souligné, proposant que le nombre maximal des membres du gouvernement soit fixé à 20 […]

Et Bayrou de se rappeler au bon souvenir du président ….

Et sur cette réforme majeure, la pression vient aussi de l’intérieur. Le président du Modem, François Bayrou, qui a fait de l’introduction d’une dose proportionnelle aux législatives, son cheval de bataille de très longue date, a cru bon d’appeler Emmanuel Macron à « ne pas céder ». Comme s’il redoutait que cette promesse passe, lors des négociations, par pertes et profits. […]


Quant au « Figaro » dans un article « Dialoguer avec les élus ou jouer la carte de l’opinion ? » source (Extrait) signé de Guillaume Tabard, …

Le consensus politique ou le passage en force ? Le dialogue avec les élus ou le lien direct avec l’opinion ? Une révision constitutionnelle ou « sa » révision constitutionnelle ? Emmanuel Macron doit choisir. […]

En toutes hypothèses, il a de quoi aller au Congrès. Sur la réforme du Conseil supérieur de la magistrature, la refonte de la Cour de justice de la République, la fin de la présence automatique des anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel, ou l’inscription d’un « droit à la différenciation » pour les territoires, l’accord entre l’exécutif et les deux Chambres existe et les trois cinquièmes sont à portée de vote. Sur le renforcement des pouvoirs de contrôle du Parlement, des convergences sont également possibles.

Mais aussi nombreux et importants soient ces sujets, aucun ne frappera l’opinion, aucun ne sera perçu comme un acte fort de modernisation de la vie politique française. Or c’est bien cela l’engagement souscrit par Macron devant les Français durant sa campagne électorale.

Le véritable enjeu de la révision constitutionnelle réside donc dans les trois symboles que sont la diminution du nombre des parlementaires, la limitation des mandats dans la durée et l’introduction d’une dose de proportionnelle pour élire les députés. […]


Malgré plusieurs recherches, pas trouver d’avis des partis politiques « de gauche », ceci uniquement pour laisser un « libre jugement » sur cette réforme annoncée. MC