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[Un court extrait d’analyse d’une interview de Philippe-Joseph Salazar parue dans un article de Médiapart. En tout état de cause c’est d’abord un rhétoricien et ensuite il en a « tiré » une philosophie qui paraîtra à certains des lecteurs fort orienté anti tout. Reste comme d’habitude, que toutes lectures enrichissent le lecteur en lui permettant de fourbir ses arguties. MC.

Il est suivi d’un ajout de JJ Bey que je remercie]

[…] …. La capacité d’analyser a tant chuté, qu’Emmanuel Macron passe pour un phénix. Il a simplement découvert comment glisser sur cette vague en paraissant hisser son monde !

C’est-à-dire les jeunes professionnels qui le voient comme un messie, ainsi que les plus âgés nostalgiques d’un temps révolu qui serait enfin de retour. Je doute, en revanche, de l’effet produit par Emmanuel Macron sur les moins de 30 ans. Avec sa voix légèrement féminine de sensitive mâle, son strabisme imperceptible, son léger zézaiement et sa façon de ne plus prononcer les o (école devient ékeule dans sa bouche), nous avons un président qui saura faire preuve de la brutalité propre au mandataire de passage. Il nous a prévenus, durant la campagne électorale, qu’après, il ferait autre chose.

C’est une sorte de CEO (Chief Executive Officer) de la boîte France, pendant cinq ou dix ans, avant de passer aux affaires suivantes. Voilà, me semble-t-il, une parole de gestionnaire et non d’homme d’État.

  • Mais vous ne pouvez pas nier que beaucoup de Français ont pourtant l’impression d’assister à la restauration d’un verbe régalien…

P.-J. S. : Macron reflète et renvoie leur vocabulaire à toutes les grenouilles qui demandent un roi. Et ce coassement au sommet ne cesse d’être encensé par la servilité de la plupart des médias, tétanisés par l’hôte de l’Élysée au point de reprendre son vocabulaire – donc son point de vue, sans le moindre recul critique !

Macron a visiblement des fiches, inspirées des dix années gaulliennes inaugurales de ce régime, et il coche ce qui fait président – l’annonce du prêt à l’Angleterre de la tapisserie de Bayeux est l’un des plus récents exemples de cet art de la simple réplique, de la reproduction de l’ancien (l’envoi de la Joconde flanquée de Malraux à l’Amérique en 1963) passant pour art de gouverner en toute modernité. Ce n’est donc qu’une technique de gestion adaptée au cas de la République française : jouer sur des symboles devenus vides de sens, mais qui flattent l’orgueil national…

  • Pensez-vous, comme nous l’avons écrit dans Mediapart, qu’il y a des similitudes troublantes entre les présidents Trump et Macron ?

P.-J. S. : À 100 % ! Emmanuel Macron ne s’est pas contenté d’imiter Steve Jobs – notamment dans la mise en scène et l’éclairage de certaines réunions électorales lui ayant permis de tester différentes techniques d’auto-présentation. M. Macron se veut prince du performatif (fabriquer ce qu’il énonce) au même titre qu’un Donald Trump plagié sans vergogne, en particulier à la fin de ses meetings dans lesquels il déclarait, les yeux écarquillés, « je vous aime ! » à ses partisans, à l’instar du « I love you » du magnat new-yorkais de l’immobilier quelques mois auparavant outre-Atlantique.

  • Les deux présidents ont inversé la donne politique : le mouvement devient de droite et la résistance au changement de gauche…

P.-J. S. : J’ai été stupéfait par une réaction de Martine Aubry, qui a déclaré ne voir autour d’elle qu’un « champ de ruines ». C’est le piège rhétorique par excellence, qui la signale comme une ruine parmi les autres, face à un président pourtant élu par défaut avec un minimum de suffrages.

La voie est ainsi libre au bulldozer Macron – à la voix pourtant fluette – et à son nominalisme : il a intitulé son livre Révolution, alors que c’est tout le contraire mais peu importe !

Acclimaté à la France, c’est du Trump, qui se permet de dire tout, son contraire et n’importe quoi ; quitte à démentir si le besoin s’en fait sentir. De plus, Trump et Macron possèdent le talent et le culot de déclarer ce que désire entendre chaque segment de la société. Ils répondent aux désirs de ces auditoires et groupes d’intérêts, avec l’aide de conseillers travaillant comme des capteurs. Ils parlent le langage de l’électorat, ou plutôt des électorats identifiés et ciblés comme tels… […] ….


Médiapart – titre original « Philippe-Joseph Salazar: «La vitalité démocratique prend fin sous nos yeux » – source  (extrait très partiel)


Note : Philippe-Joseph Salazar est rhétoricien et philosophe français, ancien « directeur de programme » au Collège international de philosophie.


EN ajout, l’avis de JJ BEY que je remercie.

Cette observation du personnage est pour moi assez juste mais il convient de la compléter pour saisir l’individu. On ne peut en effet se contenter pour comprendre de ce portrait qui est comme un phare éblouissant empêchant de voir l’essentiel.

L’astuce du macronisme est là : les gesticulations millimétrées du président reprises à l’envie par les medias sont celles du pickpocket qui désigne un point dans le ciel pour mieux fouiller dans vos poches.

Pendant que l’on discute de ses attitudes, de son zézaiement, du rôle de Brigitte, des……..

On ne parle pas des prélèvements dits sociaux et de la baisse du pouvoir d’achat de millions de français qui assistent impuissants à ce vol au profit des grandes fortunes qui ont placé leur marionnette pour mieux nous piller.

Le système a fait le choix de cet individu qui tente de nous endormir avec son « ni droite ni gauche » qui fait le bonheur du « milieu », je parle du grand banditisme en col blanc qui fait les lois qui lui permettent de nous exploiter. Tant que ce système existera il y aura des Macron créateurs d’illusions soporifiques, destructeurs des acquis sociaux, qui vous feront du mal en affirmant que c’est pour votre bien.

Juste une précision nécessaire le texte de P.J. Salazar n’est qu’un très court extrait paru de l’article de Médiapart. Le droit a copie ne permet que la citation d’extraits. MC