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L’augmentation rapide du nombre de diagnostics de la maladie d’Alzheimer représente un défi inédit pour l’humanité.

 

Misant sur un marché potentiel colossal, l’industrie pharmaceutique recherche frénétiquement — et jusqu’ici sans succès — un médicament ou un vaccin miracle. L’intérêt des personnes malades et de leurs proches invite cependant à repenser les politiques publiques et l’approche thérapeutique d’une affection encore bien mal connue.

Au centre hospitalier de Marmande-Tonneins (Lot-et-Garonne), Mme M. est arrivée en fauteuil roulant. « A 78 ans, elle avait été diagnostiquée Alzheimer par un neurologue, raconte sa fille. Elle prenait beaucoup de médicaments, avait vite perdu son autonomie et devenait très agitée. Je me suis épuisée à l’aider. » A la fin des années 2000, elle se résout à installer sa mère dans cette unité spécifique qui accueille en séjour de longue durée les patients à un stade sévère de la maladie. « Là, elle a bénéficié de beaucoup de présence et de bienveillance. Au bout de trois semaines, elle trottait et mangeait sans aide. »

Gériatre et chef de ce service jusqu’en 2011, le Dr François Bonnevay avait pris le parti de ne garder que le strict nécessaire des médicaments qui avaient auparavant été prescrits aux nouveaux pensionnaires, souvent en trop grand nombre et avec de graves effets secondaires. « Il existe d’autres méthodes que les camisoles chimiques pour les malades agités, explique-t-il. Il faut que les soignants soient formés à des stratégies de communication qui leur permettent d’être en phase avec les pensionnaires. Ceux-ci doivent être considérés comme des êtres humains, avec des désirs et des émotions. » La priorité au sein de l’unité était de respecter le bien-être et le rythme de vie des patients. Le personnel était formé à Humanitude, une méthode et philosophie de soin mise au point et enseignée par un couple de psychogérontologues qui « permet de faire disparaître une grande partie des troubles psychocomportementaux », commente le médecin.

L’approche bienveillante mise en pratique dans le service du Dr Bonnevay s’est traduite de 2002 à 2011 par une quasi-disparition des patients grabataires, une diminution des pertes de poids, le ralentissement des processus infectieux et l’absence de transfert en service d’hospitalisation de longue durée.

Ces résultats n’ont été possibles que grâce à la présence d’un personnel en nombre suffisant.  ….

Philippe Baqué – Journaliste. Le Monde Diplomatique Titre original, « Alzheimer, maladie politique » – Source


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