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Critiqué pour sa politique d’immigration, conscients du potentiel inflammable des dossiers sociétaux, M. Macron et son équipe tentent de déminer.

  • A Calais, mardi 16 janvier, le président a ainsi joué une partition d’équilibriste

Il a copié Nicolas Sarkozy lors de son premier passage au ministère de l’intérieur, entre 2002 et 2004, restant ferme sur la défense de « l’ordre républicain » mais plaidant pour un « devoir d’humanité ».

[Le NI-Ni, quoi qui ne contente que les commentateurs pendant des heures sans vraiment résoudre l’équation des migrants si ce n’est, d’essayer que la répression féroce ne se voit plus – MC]

  • Sur l’épineux dossier de Notre-Dame-des-Landes, l’exécutif a tenté de préparer le terrain à une décision qui mécontentera inévitablement l’une ou l’autre des parties, en essayant de déplacer les enjeux du débat.

« Habilement, le gouvernement a laisser entendre que l’enjeu n’est plus la décision en soi, abandon ou non de l’aéroport, mais le fait de prendre enfin une décision, quelle qu’elle soit ».

  • Sur les questions de bioéthique, s’ouvre une période de concertation visant à « construire un consensus le plus large possible » avant de légiférer à l’automne.

Favorable à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les célibataires ou les couples de femmes, M. Macron veut à tout prix éviter des débats comme celui sur le mariage pour tous. « Le président applique la méthode humilité et écoute avant toute prise de décision, de façon à ce qu’aucune opinion ou -sensibilité n’ait le sentiment qu’un camp impose ex cathedra son choix à l’autre », explique Bruno Roger-Petit. […]

«  Si le clivage droite-gauche ressurgit à la faveur des sujets sociétaux, cela fera mécaniquement resurgir les oppositions de manière plus forte », observe un familier de l’Élysée. « Ça peut redonner des territoires d’expression au PS et à LR. ».

Les tentatives d’organiser une sensibilité « de gauche » au sein du groupe LRM sont regardées avec circonspection : « de petites choses », a glissé en privé le premier ministre, persuadé que la recomposition politique reste à l’œuvre et que le paysage continue à se « fragmenter » au profit du macronisme.

Dans l’opposition, beaucoup croient que le dossier des migrants pourrait contribuer à couper M. Macron de la gauche humaniste, tandis que les questions bioéthiques pourraient réveiller une droite fillonniste.

Le macronisme au défi des questions de société


Cédric Pietralunga, Raphaëlle Besse Desmoulières et Solenn de Royer – Le Monde – Titre original « Le macronisme au défi des questions de société », Source (Extrait partiel)