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Que n’a-t-on supprimé plus tôt l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) pour enfin soutenir l’économie sociale et solidaire ?

C’est en substance la réaction de Muriel Pénicaud à la question d’un auditeur de France Inter, hier matin. La ministre du Travail, qui va bénéficier de la suppression de l’ISF, a annoncé qu’elle allait investir les 62.000 euros économisés « dans un fonds qui soutient l’économie sociale et solidaire, qui permet à des entreprises, à des associations, de créer des emplois ».

Muriel Pénicaud extrapole son propre cas pour justifier, sans la nommer, une « théorie du ruissellement » pourtant contestée même par le FMI.

« C’est la logique de la réforme », a ajouté cette bonne élève du gouvernement, aussitôt soutenue par le porte-parole de celui-ci, Benjamin Griveaux. Lui aussi a répété sur RMC-BFMTV la philosophie de cette politique visant à « réinvestir » l’argent des épargnants aisés « dans l’économie française ».

La ministre du Travail ne s’étend pas en revanche sur le manque à gagner pour l’État de 3,2 milliards d’euros, soit autant de moyens dont se passera la puissance publique pour relancer l’économie, ni sur les conséquences pour la croissance de la perte de « 620 euros de revenus » évoquée par l’auditeur de France Inter liée à la hausse de la CSG.


Olivier Morin – Source