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Prenons deux jeunes ayant le même diplôme, le même âge, le même parcours, qui postulent pour le même emploi. L’un a deux ou trois fois moins de chances d’être recruté que l’autre. Pour les recalés, les compétences ne sont pas en cause, ce sont les origines : les diplômés de l’enseignement supérieur issus de l’immigration et des quartiers populaires figurent parmi les profils les plus discriminés.

Selon un rapport publié en 2016 par l’Observatoire national de la politique de la ville, « un diplômé bac + 5 de plus de 30 ans a 22 % de chances de moins d’occuper un emploi de cadre lorsqu’il est issu des quartiers prioritaires ».

Une enquête de l’Institut national d’études démographiques (INED) va dans le même sens et révèle un écart de taux de chômage pour les enfants d’immigrés non européens de 4 à 5 points par rapport aux jeunes nés en France métropolitaine de parents français.

Ces inégalités ne sont pas nouvelles, mais elles ont tendance à s’accentuer.

Trop souvent les entreprises cultivent l’entre-soi et privilégient des profils de diplômés de grandes écoles de commerce ou d’universités de renom, c’est-à-dire d’établissements auxquels la plupart des jeunes issus des quartiers populaires ont difficilement accès.


Editorial « Le Monde »– Titre original, « Discriminations, les murs à abattre », Source (Extrait)