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Vous qui avez un peu d’années au compteur, serez heureux de reconnaître la phrase de John F. Kennedy prononcée le 20 janvier 1961 lors de son discours d’investiture à la Maison-Blanche. « Vous qui, comme moi, êtes américains, ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays. »

A quel moment l’Emmanuel 1er lancera le « I have a dream » de Martin Luther King , en poursuivant par : « que tous les résidents de France soient traités a égalité de droit et devoir »

Peu lui importe si les rédacteurs de sa seigneurie reprennent des parties de textes originaux et les adaptes au locataire temporaire de l’Elysée puisque, d’une part il s’accroche au fait que la population a la mémoire courte et d’autre part puisqu’il considère comme le faisait de Gaulle que les français sont des veaux, pourquoi se gêner.

Ainsi sa phrase issue de ses vœux « Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays et au-delà de votre quotidien, de votre vie, parfois de ses difficultés, dites-vous toujours que vous appartenez à un collectif plus fort, plus grand que vous : la nation française. » se voudrait donner une « UNE RÉVOLUTION CULTURELLE » envers la mentalité de la population, ni plus, ni moins. MC


Les révolutions culturelles ont certes mauvaise réputation. […] Vouloir changer les esprits s’apparente à du lavage de cerveau, le propre des régimes totalitaires. Une société n’en repose pas moins sur des valeurs, conscientes ou pas.

Chaque nation a son propre système, qui la définit et qui l’enserre pour le meilleur et pour le pire. C’est à ce niveau qu’il convient de jouer, ce qui suppose évidemment beaucoup de doigté si l’on veut « transformer » – sésame du pouvoir actuel – le cours des choses.

Nul mieux qu’Alain Peyrefitte n’a su cerner cette problématique dans son ouvrage Le Mal français paru il y a quarante-deux ans et sans cesse réédité depuis. […] Avec sa double casquette d’homme politique expérimenté – maintes fois ministre, sous de Gaulle, Pompidou, Giscard d’Estaing – et d’intellectuel à l’immense culture, il avait parfaitement identifié les raisons des échecs français.

Rien que l’exergue de l’ouvrage, repris de Paul Valéry, est d’une cruelle vérité : « Aucune nation n’aime à considérer ses malheurs comme ses enfants légitimes. » Il est tellement plus facile d’incriminer les autres et la fatalité que de se regarder dans le miroir !

« De tous les régimes qu’a connus notre peuple, pas un n’a su éviter la catastrophe », observe Peyrefitte. « La royauté absolue ? Elle a sombré dans la plus sanglante des révolutions. La Ire République ? Dans l’anarchie et le coup d’État. Le premier Empire ? Dans deux invasions et deux abdications. La Restauration ? La monarchie de Juillet ? En quelques journées de barricades. La IIe République ? Dans le césarisme. Le second Empire ? À Sedan. La IIIe République ? À Sedan aussi. Vichy finira à Sigmaringen, et la IVe République par le coup d’Alger. » Quant à la Ve République et ses alternances, où chaque présidence s’attache à détricoter ce qu’a construit la précédente, elles témoignent de « cette longue impuissance à fonder une légitimité nouvelle ».

Outre l’incapacité congénitale à gérer le temps long, la France se caractérise par des invariants qui n’en apparaissent que plus exorbitants.

C’est tout d’abord l’hypercentralisation dont Tocqueville a été le premier à souligner la continuité parfaite entre la royauté et la République (in L’Ancien Régime et la Révolution). Alain Peyrefitte en regrette à son tour les méfaits avant de définir les autres singularités françaises qui traversent les siècles. On en retiendra trois. Tout d’abord la défiance mutuelle de nos compatriotes, ce qui a toujours empêché l’émergence d’une société et d’une économie libérales (peut-être l’apport le plus original du Mal français).

Ensuite la vénération de l’État qui est le corollaire de la défiance, avec cette ambivalence et ce paradoxe : l’apathie et l’esprit de soumission des Français face à l’administration coexistent avec une incivilité quotidienne unique en Europe et une propension à la révolte toujours prête à éclater. Les gouvernements en sont tétanisés.

D’où cette troisième caractéristique qui découle des deux autres : il faut parer au plus pressé. « On prend la fièvre pour la maladie ; nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont mais telles que les groupes de pression nous les présentent ; les Français veulent bien que l’on mette fin aux effets mais pas aux causes », explique Peyrefitte qui a en tête le mot de Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »


Pour sa part, la révolution culturelle de Macron n’entend que [pourfendre la soi-disante apathie envers le travail des français au profit de ses mentors de la finance – MC]


Pour partie un article de Jean-Pierre Robin, Le Figaro – Titre original « Les Français prêts pour la révolution culturelle que leur propose Macron ? » – Source (Extrait)