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Les dernières décennies ont vu la diminution de l’âge d’apparition des premières règles qui commencent aujourd’hui vers l’âge de 10 ans, alors que l’âge de la ménopause reste aux abords de la cinquantaine.

Cela implique qu’aujourd’hui, une jeune fille de dix ans va avoir à gérer environ 480 cycles menstruels, et se retrouver devant l’éventualité d’une grossesse à 400 reprises, lorsqu’elle est sexuellement active. Considérant que la grande majorité de ces femmes ont/auront le souhait d’avoir un ou deux enfants, elles auront besoin d’une contraception qui les protégera les 398 autres fois… sans faillir (1) !

CONTRACEPTION

Selon les études actuelles, 50% des femmes sexuellement actives et en âge de procréer dans les pays en voie de développement souhaitent éviter une grossesse. Cependant, 140 millions d’entre elles n’utilisent aucune méthode de contraception, et 75 millions d’autres utilisent des méthodes, dites traditionnelles, peu efficaces. (2)

Offrir une contraception sûre, efficace et adaptée à toutes (pas seulement aux couples mariés) est important, mais la réalité est que 87 millions de grossesses non planifiées se produisent chaque année, dont environ 26,5 millions que l’on peut attribuer à une utilisation inappropriée ou à une défaillance de la méthode de contraception. Même dans le cas d’une utilisation optimale, il y aurait encore près de 6 millions (3) de grossesses accidentelles par an.

Certains éléments de la vie peuvent amener la mère à souhaiter/envisager une interruption de grossesse même lorsque celle-ci est initialement planifiée et désirée : préserver sa propre santé, un changement de situation sociale, la fin d’une relation, les violences domestiques, les anomalies fœtales ou autres…

Environ 70.000 femmes meurent chaque année des suites d’un avortement non médicalisé. Une estimation qui n’a que peu évolué ces dix dernières années. La morbidité est bien plus importante, puisqu’on estime jusqu’à 8 millions de femmes souffrant chaque année de complications qui nécessitent une intervention médicale…. que seulement 5 millions reçoivent (4).

Ces femmes qui arrivent aux urgences pour des soins post-avortement ont un taux de mortalité anormalement élevé. La légalisation de l’avortement ne suffit pas à diminuer ces chiffres, puisque dans les pays comme l’Inde ou le Népal, les femmes continuent de mourir du fait de la difficulté d’accès aux soins (5). C’est encore plus vrai lorsque l’on parle d’une femme enceinte du second trimestre.

Suite lecture libre : Le droit à l’avortement -2


Suchitra Dalvie – Document IRIS – Source en PDF – 9 pages


  1. https://www.feminist.com/resources/ourbodies/abortion.html
  2. http://www.un.org/en/development/desa/population/theme/family-planning/index.shtml
  3. Safe abortion: technical and policy guidance for health systems. Geneva, World Health Organization, 2003.
  4. Abortion Worldwide: A decade of uneven progress. Guttmacher Institute. Dec 2009 Report. https://www.guttmacher.org/report/abortion-worldwidedecade-uneven-progress
  5. « I need to terminate this pregnancy even if it will take my life »: a qualitative study of the effect of being denied legal abortion on women’s lives in Nepal. Puri M, Vohra D et al. BMC Women’s Health. 2015 Oct 14; 15:85. doi: 10.1186/s12905-015-0241-y. Second trimester abortions in India. Dalvie SS. Reproductive Health Matters. 2008 May; 16(31 Supplement):37-45. doi: 10.1016/S0968-8080(08)31384-6.