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Oui je suis conscient que le titre va vous interpeller tout comme m’inquiète la dérive d’Emmanuel Macron de plus en plus « à l’écoute » des religions et par voie de conséquence délaisse la laïcité. C’est pourtant cette dernière, la vectrice du vivre ensemble en France et non pas de « monter » les cultes a une recherche de domination l’un sur l’autre menant peu ou prou a des communautarisme stigmatisant et souvent à des débordements fâcheux.

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[Un] rendez-vous avait été initialement prévu le 7 décembre avec l’ensemble des cultes presents en France. Mais la mort de Jean ­d’Ormesson et de Johnny Hallyday avait totalement bousculé le calendrier présidentiel.

[Le 7 décembre] avait été choisie en vue du 9 décembre, Journée nationale de la laïcité, date anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905. ­Emmanuel Macron devait alors prononcer une grande allocution politique sur sa vision de la laïcité, un marqueur essentiel de la société française et de sa culture.

Mais ce 21 décembre, le président ne devrait pas sortir de sa poche le discours qu’il avait écrit il y a deux semaines. Il le réserverait pour une autre occasion. Peut-être début janvier, quand il présentera ses vœux aux religions lors des multiples cérémonies prévues au palais ­présidentiel.

« La réunion de jeudi ne sera pas une réunion de format “grand discours”, avance une source ministérielle, mais une prise de contact sous la forme d’une rencontre et d’un échange pour entendre ce que les religions ont à dire et où sont leurs inquiétudes. Le président regarde avec confiance les religions comme des forces vives de la société. Il s’est engagé à travailler avec elles, mais il rappellera aussi le cadre de ce dialogue : la République, avec des règles communes qui s’appliquent à tous. »

En l’occurrence, c’est bien la République qui invite ici les religions. Et elles n’étaient pas « spécialement demandeuses », note une source confessionnelle.

Une initiative républicaine qui explique la présence annoncée de deux ministres de poids : Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur, chargé des cultes, et Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale.

Ils incarnent « deux facettes de la laïcité », insiste un conseiller ministériel en soulignant l’idée non d’un face-à-face mais d’une « nouvelle méthode d’approche plus fluide » de ces questions sensibles et de la façon de les résoudre.

Aussi devrait-il être question du lancement d’une « instance de dialogue avec les religions », un concept cher à Gérard Collomb, qui ne devrait être effectif au ministère de l’Intérieur qu’au cours du premier trimestre 2018.

Sa vocation ? Un espace de régulation entre l’État français et les instances religieuses.

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Jean-Marie Guénois, Le Figaro – Titre original : « Emmanuel Macron « à l’écoute » des religions, au nom de la laïcité » – Source (Extrait)


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