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Il serait très facile de réduire le système commercial-économique de l « UBERISATION » mais certaines personnes y trouvent leur compte ! Pour les auto-entrepreneurs uberisés c’est une servitude de galérien sous payée. Cet article met en avant une position (que je ne partage pas en totalité surtout que dénoncer est une chose peut-etre d’utilité … mais qu’elle est la solution proposée….) MC

Deliveroo, Booking, Airbnb et bien sûr Uber : autant dʼavatars de cette prétendue « économie collaborative » censée faire entrer de plain-pied lʼhumanité dans une ère « post-industrielle » où les vieilles catégories héritées de lʼéconomie politique (capital, salariat, propriété, profit, cotisations..) seraient totalement dépassées. […]

[…] … Gaspard Koenig, le président du très libéral think tank GénérationLibre, « si tout se passe de manière idéale, le progrès technologique pourrait permettre à chacun de devenir son propre patron et de travailler où et quand bon lui semble. Le rêve de Marx en somme » !

Lʼuberisation, comme accélérateur de lʼhistoire à même de propulser lʼhumanité dans le paradis socialiste sans passer par la case de lʼexpropriation capitaliste… Il fallait oser !

Des plateformes à foison

[…] … selon Bruno Teboul, dirigeant dʼun cabinet de conseil et auteur dʼUberisation = économie déchirée en 2015, ce néologisme qui fait fureur sʼutilise généralement « pour décrire comment une start-up à travers une plateforme numérique permet de mettre en relation les entreprises et leurs clients ».

Outre cette mise en relation garantie par la généralisation des smartphones, les modèles économiques des services « uberisés » se caractérisent, malgré leurs spécificités respectives, par quatre éléments communs :

  1. une réactivité maximisée
  2. la géolocalisation,
  3. le rôle dʼintermédiaire financier que joue la plateforme – moyennant évidemment une commission – entre le client et le prestataire
  4. par lʼévaluation croisée du service (le client évalue le service reçu et le prestataire évalue le client).

La déferlante médiatique

Depuis 2015, lʼinvocation de lʼuberisation pour enjoindre le corps social tout entier à renoncer à son habituel « conservatisme » au nom de la nécessaire « disruption » chère aux start-upers est devenue rituelle. […]

Derrière lʼécran de fumée

Selon Bruno Teboul, interrogé par Libération le 25 juin 2015, ces plateformes créent de nouveaux emplois hyper-qualifiés, mais qui sont « réservés à ceux qui maîtrisent les algorithmes et lʼexploitation de données ».

Les prestataires de service, qui ne cotisent plus puisquʼils ne sont plus considérés comme des salariés, son quant à eux les dindons de la farce.

Comme lʼa souligné François Miguet, en octobre 2015, dans un article de Capital […], « pour le moment, uberisation rime avec précarisation. Non seulement les nouveaux employés « indépendants » ne bénéficient dʼaucune garantie, mais ils sont souvent payés au lance-pierre. Il faut dire quʼune bonne partie des tâches proposées par les applis sont très peu lucratives ».

Au final, les thuriféraires de lʼuberisation qui vendent ce modèle en le présentant comme un véritable dépassement du capitalisme ne voient pas – ou ne veulent pas voir – que la prétendue économie « collaborative » nʼest quʼune des facettes les plus sombres de la configuration néolibérale du capitalisme.

En effet, le modèle Uber ne revient-t-il pas à chercher par tous les moyens à se délester des activités productives jugées trop peu lucratives, à détruire les derniers vestiges du salaire socialisé imposé par les luttes ouvrières et « optimiser » la fiscalité dans des proportions jusque-là inouïes en jouant sur tous les leviers de la concurrence internationale ?


Jean-Baptiste ChardonSource (Extrait)