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Le très controversé compteur « a tout faire » LINKY est imposé  sans aucune réelle garantie que la multiplication des ondes magnétiques émises par ce boitier, ne soient pas vectrices de problèmes de santé immédiat ou à terme. Il n’y a toujours pas d’Eudes indépendantes et sérieuses à se mettre sous la dent. MC

Enedis poursuit l’installation massive du compteur intelligent qui suscite toujours de la méfiance. L’entreprise mise sur la pédagogie pour surmonter des « peurs irrationnelles » et assure que 37 millions de boîtiers seront posés. 

Deux ans après le début de son déploiement, Linky ne fait toujours pas l’unanimité. Le compteur intelligent et communicant installé progressivement dans tous les foyers après ses débuts à Lyon rencontre des résistances et peine à convaincre une partie des abonnés. Sans nier les difficultés qui persistent, Enedis rassure sur l’avancement du programme de remplacement des anciens compteurs. « Aujourd’hui, plus de huit millions de compteurs ont été posés et 15 millions de personnes en bénéficient », annonce Bernard Lassus, directeur du programme Linky au sein de la filiale d’EDF.

Malgré des oppositions locales parfois virulentes, Enedis respecte le calendrier fixé pour installer 37 millions de compteurs jaunes d’ici décembre 2021. « Les opposants font du bruit mais tout se passe bien dans l’immense majorité des cas », souligne Bernard Lassus. Enedis rechigne à donner des chiffres mais selon une source interne le taux de refus varie de 0 % à 1 % en fonction des régions. « Lyon, Nice, Nancy, Arras ou Narbonne sont déjà équipées à 100 %. Le déploiement de Linky est terminé dans plus de 4 000 communes », assure Bernard Lassus.

Réduire sa consommation ?

Les militants antinucléaires font partie des opposants les plus déterminés. Le « Monsieur Linky » y voit un paradoxe. « Les anciens compteurs utilisent une technologie des années 1960 et ne sont pas prêts pour la transition énergétique. Le compteur Linky permet d’accélérer l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau électrique », explique Bernard Lassus. Enedis mise sur la pédagogie et multiplie les réunions d’information pour surmonter des « peurs irrationnelles ».

« L’appropriation des compteurs Linky pour maîtriser sa consommation prendra du temps, comme le tri sélectif il y a 10 ou 15 ans », observe Bernard Lassus. Le compteur intelligent permet en effet de suivre sa consommation électrique au jour le jour. Pour l’instant, seulement 140.000 foyers utilisent cette possibilité sur le site Internet d’Enedis. Une application sur smartphone sera lancée avant la fin de l’année. Une étude du CNRS menée entre 2012 et 2014 montre que les familles informées grâce à des compteurs intelligents ou des capteurs nomades peuvent réduire de 23 % leur consommation d’électricité.

« Les données personnelles sont protégées. Je ne peux pas savoir quand vous prenez votre douche ni quand vous ouvrez votre réfrigérateur », rappelle Bernard Lassus.

À Grenoble, un refus validé

Autre idée reçue : le compteur Linky n’utilise pas d’ondes radio mais des courants porteurs sur la ligne électrique. En octobre 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu à « une faible probabilité que l’exposition aux champs électromagnétiques émis par les compteurs communicants engendre des effets sanitaires à court ou long terme ».

En novembre, une femme électro-sensible qui refusait l’installation d’un compteur communicant chez elle a toutefois obtenu gain de cause devant le tribunal de Grenoble. Ce jugement est une première et les 200 délibérations de communes s’opposant au déploiement du compteur Linky ont toutes été annulées par les tribunaux administratifs.


Luc Chaillot – Le Dauphiné-Libéré du 14 Dèc. 2018