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Un rapport annuel sur le SMIC, […] recommande de mettre un terme aux mécanismes d’indexation du SMIC, garantissant jusqu’à présent le pouvoir d’achat des bas salaires.

Cela concerne 11% des salariés. Le rapport propose en premier lieu de mettre fin aux « coups de pouce », permettant aux gouvernements d’accroître à discrétion les bas salaires. Il recommande en second lieu que lors de sa revalorisation annuelle, la progression du SMIC ne soit plus indexée sur l’inflation et sur l’évolution du salaire horaire de base des ouvriers et des employés, ou bien qu’elle soit uniquement dépendante de l’inflation.

Les auteurs indiquent qu’ils militent en faveur de la régionalisation du SMIC et de l’instauration d’un SMIC jeunes, mais que le contexte sociétal n’est pas propice à ces propositions. Ils considèrent enfin que le salaire minimum est un piètre instrument de lutte contre la pauvreté et se félicite de la hausse de la prime d’activité.

Ce groupe « indépendant » est présidé par Gibert Cette, nommé à dessein en septembre dernier par le gouvernement. […]

Les « travaux » [de ce] clan d’économistes orthodoxes […] ont servi de caution idéologique aux [gouvernement et] personnalités] politiques [s’étant employés à] détricoter le code du travail, réduire le coût du travail et rétablir le taux de marge des entreprises.

[Avec ces mesures] le coût des exonérations de cotisations sociales, combinées au CICE, s’élève désormais à 60 milliards, soit 3% du PIB. Alors que les effets de ces mesures sur la compétitivité et l’emploi ne sont pas probants, voilà que les mêmes experts s’attellent à préparer les esprits à la suppression des mécanismes d’indexation du SMIC, réputés renchérir le coût du travail non qualifié et entraîner une pression à la hausse des bas salaires négociés dans les branches.

La baisse du coût du travail n’a pas amélioré la compétitivité et l’emploi.

Alors même que la productivité des travailleurs de France est l’une des plus forte au monde, le coût du travail français évolue désormais à un rythme inférieur à celui observé en moyenne dans la zone euro.

Symétriquement, le taux de marge brut converge vers à son plus haut taux historique. Malheureusement, […] la part des profits consacrés à l’investissement reste faible, alors que celle consacrée au versement de dividendes s’accroît.

Elle s’élèvera d’autant plus que les revenus du capital sont désormais sous-taxés par la « Flat Tax » […] et que l’impôt sur les dividendes a été supprimé.

Obsédés par le coût du travail, nos économistes officiels en oublient de regarder du côté du coût du capital, devenu exorbitant.

Les modèles théoriques postkeynésiens, qu’ils méconnaissent, montrent pourtant qu’une hausse du taux de marge peut s’avérer contreproductive dans l’hypothèse où l’essentiel de la part des profits est versée sous forme de dividendes et où la propension à épargner des actionnaires est forte. Dans ce cas d’école, proche de la réalité actuelle, les politiques de l’offre ont pour effet pervers d’accroître la part de l’épargne dans l’économie, au détriment de la consommation et de l’investissement. […]

Il faut augmenter le smic et les minima sociaux

Rappelons enfin que la fonction du SMIC n’est pas de lutter contre la pauvreté, mais de reconnaître, sur le territoire national, la valeur minimale de la force de travail que les ouvriers et les employés sont contraints de vendre pour vivre.

[…]  Pour lutter résolument contre la pauvreté, il faut porter le niveau des minima sociaux au niveau du seuil de pauvreté (60% du revenu médian), soit 1000 euros. Or nos experts « indépendants » ne l’imaginent jamais.

Ils craignent, dans ce cas, que le trop faible écart entre les minima sociaux et le salaire minimum (dont ils veulent modérer la hausse) ne dés-incite les individus à travailler, d’où leur plaidoyer en faveur de la prime d’activité.

Or celle-ci a pour inconvénient de laisser sur le bord du chemin des millions de chômeurs involontaires, ayant épuisé leur droit aux allocations chômage et condamnés à survivre avec des minima sociaux inférieurs au seuil de pauvreté.

Augmenter simultanément le SMIC et les minima sociaux est une nécessité. Porter ces derniers au niveau du seuil de pauvreté « coûte » 10 milliards. Cette somme est à mettre en balance avec le montant, comparable, consacré par la loi de finance 2018 aux réformes fiscales en faveur de la détention et des revenus du capital

Ne pas oublier que le SMIC impact le montant des pensions de retraites …


Liêm Hoang Ngoc  – Marianne  – titre original « Et maintenant, ils veulent s’attaquer au Smic ! » – Source (Extrait)