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On l’avait quitté convalescent, avec un avenir incertain. Dans quel état allait-on retrouver l’hôpital sud-francilien, qui a défrayé la chronique tout l’hiver ?

Rassemblant les établissements francilien de Corbeil et d’Evry, dans l’Essonne, il devait ouvrir il y a plus de six mois. Mais vu l’abondance de malfaçons, tout avait été bloqué. Jusqu’au début de l’année.

«Le premier malade est arrivé le 23 janvier 2017, et le dernier transfert s’est fait le 19 mars, raconte le Dr Claude Pouges, directeur du Samu et président de la commission médicale d’établissement qui regroupe tous les médecins. Et à dire vrai, avoue-t-il, le déménagement s’est plutôt pas trop mal passé, alors que la naissance de l’hôpital avait été bien difficile.»

Pour le moins… Voilà un établissement de plus de 1 000 lits, construit entre quatre branches d’autoroute, sur un terrain entre Corbeil et Evry, par le groupe Eiffage, dans un partenariat public-privé (PPP).

Le coût ? Exorbitant : l’hôpital public devra payer près de 46 millions d’euros par an à Eiffage, pendant trente ans. Soit un total de 1,38 milliard.

Quant à l’architecture, comment ne pas être perplexe ? On dirait un aéroport, immense hangar de plus de 300 mètres de long, de 140 mètres de large, sur quatre étages.

Est-ce ainsi que seront les hôpitaux modernes, d’énormes machines à soins ?

Le parking immense fera en tout cas la joie des visiteurs. «On peut s’interroger sur l’architecture. Mais quand même, il y a là un potentiel fabuleux, toute l’offre des soins est rassemblée sur un site unique», remarque le Dr Pouges. C’est vrai qu’il peut préfigurer ce que sera un «hôpital général de qualité». Il dispose de plus d’une vingtaine de salles opératoires (dont sept pour l’ambulatoire), avec toutes les spécialités de médecine, trois scanners et deux IRM. Un bel outil de médecin moderne. «Mais on n’y est pas encore, tempère Claude Pouges. Le service de médecine nucléaire n’est toujours pas prêt : erreur de matériau. La moitié des salles d’op’ non plus. Tout cela va prendre du temps. Dans quelques mois, l’hôpital devrait fonctionner à plein.»


Eric Favereau – Liberation – Source


  • AUTRE HÔPITAL, MÊMES AVIS !

L’hôpital XXL : pour quoi faire ?

Sur le papier, la réponse des autorités ministérielles et sanitaires est limpide et bienveillante. Il s’agit d’améliorer la qualité de soins, de mutualiser les moyens au service de l’usager, placé au centre des préoccupations.

Dans les faits, la situation est plus contrastée.

Le centre hospitalier régional d’Orléans (CHRO), inauguré en grande pompe  […], il en est un parfait exemple. « Douze cabinets d’architectes ont présenté des projets cohérents, mais c’est le plus cher qui a été retenu, regrette un représentant du personnel. Sans doute pour satisfaire l’ego de l’ancien directeur qui voulait laisser son empreinte, on a créé une mégastructure de 800 mètres de long pour un coût total avoisinant le milliard d’euros. »

Paradoxe du système de soins français : d’un côté, des mastodontes hospitaliers créés de toutes pièces ou par regroupements d’établissements ; de l’autre, des déserts médicaux.

Et, à l’arrivée, le parcours des patients de plus en plus aléatoire.


Joseph Korda – Source (Extrait )