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En employant la rhétorique et la tactique de Donald Trump, Laurent Wauquiez veut apparaître comme l’antithèse du président français, constate Politico.

À la tête des Républicains (LR), Wauquiez se retrouve en position de force pour défier le parti du président Macron aux prochaines élections locales et européennes. Le “mauvais garçon” de la droite rêve de redonner des crocs à son parti largement édenté pour faire trébucher le président six mois seulement après son arrivée au pouvoir. Pour ce faire, Wauquiez doit d’abord requinquer Les Républicains et réparer les dégâts causés par l’explosion en plein vol du candidat Fillon, qui a laissé le parti aussi divisé que démoralisé.

Il souhaite “longue vie” à Macron

Pour Wauquiez, comme pour Fillon, la France a surtout besoin d’une réduction drastique de ses dépenses publiques. Il s’appuie sur son propre bilan en Auvergne-Rhône-Alpes, une région qu’il dirige comme un mini-État à l’antithèse du macronisme, où il refuse des allocations aux chômeurs et a réduit les coûts de fonctionnement de 5 %. Le président de la République se contente d’ajustements à la marge, estime Wauquiez, et il refuse de parler de l’éléphant au milieu de la pièce, à savoir les dépenses publiques qui représentent 56 % du PIB français.

Là où Macron se montre modéré, Wauquiez se place à la droite de Margaret Thatcher. Quand le président parle d’intégration dans la zone euro, Wauquiez prône une “union des nations”. Macron nous vend une “pensée complexe” et des phrases à rallonge ; Wauquiez cultive la simplicité et le franc-parler. Ses piques et autres petites phrases sont directement inspirées de la méthode Trump. Leur objectif est de provoquer un maximum d’indignation.

Un parcours élitiste

[Tout comme Macron, Wauquiez affiche un pedigree au moins aussi privilégié.] Tous deux sont diplômés de l’ENA (École nationale d’administration), mais seul Wauquiez a été admis à l’ENS (École normale supérieure). La principale différence entre les deux hommes est que Wauquiez est un homme de parti qui cherche à récupérer les clés de la boutique, tandis que Macron a ouvert sa propre enseigne.

De pro-UE à eurosceptique

Il s’est fait de nombreux ennemis au fil de son ascension. Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, l’a un jour accusé de “régner par la terreur”, et plusieurs sommités, au sein des Républicains, lui reprochent d’être un “cas clinique de narcissisme”, un homme toujours prêt à tourner casaque. À l’évocation de Michel Barnier, Wauquiez reconnaît que le négociateur en chef de l’UE “n’aurait pas que des bonnes choses à dire [de lui]”.

Un rapprochement avec le FN ?

“Quand Macron dit qu’il va bâtir l’Europe sans jamais consulter les citoyens [par référendum], c’est horrifiant de la part d’un responsable politique, et c’est la preuve d’un mépris affiché.” Ces accusations rapprochent un peu plus Wauquiez de Marine Le Pen.

Le Front national a longtemps considéré Wauquiez comme un allié potentiel, un homme capable de sortir l’extrême droite de son isolement.


Courrier International – Maïa de la Baume et Nicholas Vinocur – Source (Extrait)