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Les astronomes ont découvert le plus vieux trou noir supermassif qui ait jamais été observé.

Il aurait 800 fois la masse de notre Soleil et se serait formé 690 millions d’années après le Big Bang. Soit quand l’Univers avait “seulement” “5 % de l’âge qu’il a actuellement”, précise le site spécialisé Space.com. Sa lumière aurait donc mis 13,1 milliards d’années à nous atteindre.

Ce trou noir géant est décrit dans plusieurs études publiées le 6 décembre dans Nature et The Astrophysical Journal Letters. Cette découverte pourrait aider les chercheurs à en apprendre davantage sur les trous noirs et sur les quasars (sources de rayonnement astronomiques quasi stellaires), dont les premiers font partie. Et, surtout, sur la formation de l’Univers.

“Plus nous découvrirons de quasars, plus les astronomes pourront dresser un portrait précis de l’Univers primitif”, insiste The Verge. Les quasars constituent les centres des galaxies massives, et on pense qu’ils sont les objets les plus lumineux de l’Univers. Les trous noirs qui s’y trouvent n’émettent en réalité aucune lumière, mais le gaz environnant et la poussière s’entrechoquent si vite et créent de telles frictions qu’ils dégagent énormément de lumière et de chaleur.

Un trou noir grand pour son âge

Eduardo Bañados, astrophysicien à la Carnegie Institution for Science et principal auteur de l’étude parue dans Nature, ajoute sur Space.com :

« Les quasars les plus éloignés nous donnent des indices essentiels sur les questions irrésolues de l’astrophysique.”

Ce qui intrigue en particulier les chercheurs, c’est la taille du trou noir qui vient d’être observé. “En étudiant les origines de l’Univers, on pensait trouver des trous noirs de plus en plus petits, car ils ont eu moins de temps pour grossir, explique à la NPR Rob Simcoe, l’un des auteurs de l’étude parue dans Nature, et astrophysicien au MIT. Mais, à notre grande surprise, celui-là semble avoir atteint sa forme définitive alors même que l’Univers était très jeune.”

En plus de l’objet, c’est l’environnement dans lequel il s’est créé qui suscite un intérêt particulier. “Les scientifiques ont déduit que le trou noir s’était formé au moment même où l’Univers était en pleine transition, passant d’un milieu opaque dominé par l’hydrogène neutre à un nouvel environnement où les premières étoiles ont commencé à briller, détaille le site MIT News.

L’équipe pense que le trou noir qui vient d’être découvert s’est constitué dans un environnement qui était moitié neutre, moitié ionisé.”

Un laboratoire essentiel

Ce qui est sûr, pour Eduardo Bañados, c’est que le quasar découvert “est si lumineux qu’il deviendra une mine d’or pour les prochains travaux de recherche et [qu’il] sera un laboratoire crucial pour l’étude de l’Univers primitif”. Et de conclure :

Nous avons déjà réalisé des observations de cet objet grâce à plusieurs télescopes parmi les plus puissants au monde. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises.”


Courrier int – Source