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[Pour Florence Portelli parlant d’Emmanuel Macron]: « … Je comprends qu’il séduise des électeurs de droite : il a fait des réformes que nous n’avons jamais été capables de faire, comme la réforme du Code du travail […]. Mais on oublie surtout qu’en arrivant après François Hollande, « il » pouvait difficilement faire pire ».

En revanche, beaucoup de réformes, fiscales notamment, ne vont pas dans le bon sens. La suppression de la taxe d’habitation va asphyxier les collectivités locales. Et sa politique, avec notamment la « flat tax » et le remplacement de l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière, favorise davantage les Français les plus fortunés que les classes moyennes ou modestes. […]

  • Pourquoi les militants LR, qui veulent un chef, choisiraient-ils une élue locale, peu connue, pour les représenter ?

Les militants me connaissent. J’ai été la porte-parole de François Fillon et moi, je n’ai pas quitté le navire au moment où soufflait la tempête. D’autres, qui se donnent aujourd’hui des airs de chefs, étaient aux abonnés absents quand tout allait mal et qu’on aurait eu besoin d’eux. Un chef, c’est d’abord quelqu’un qui est humain et qui a une colonne vertébrale. Un chef, c’est quelqu’un qui n’a pas peur de débattre et qui ne se cache pas d’être de droite. Un chef, c’est quelqu’un qui n’hésite pas à exclure ceux qui font des bras d’honneur à leur parti. Moi, je sais trancher et mes convictions n’ont pas varié au gré des vents. […][Etc. etc. MOI, MOI Florence Portelli ! – MC]

  • Sur le fond, que proposez-vous ?

Je suis la seule des candidats à la présidence du parti à avoir fait des propositions pour le moderniser. Un comble ! Sur le fond, ma ligne est claire et n’a pas varié. Même si j’y rajoute ma patte, je continue à défendre les options présentées par François Fillon à la présidentielle.

  • Y compris la suppression de 500.000 fonctionnaires ?

On peut toujours débattre du chiffre, mais ce qui est certain c’est qu’il faut réduire le nombre de fonctionnaires de manière beaucoup plus décentralisée et contractuelle et éviter des logiques purement comptables. Instaurer un mécanisme de bonus sur la dotation globale de fonctionnement pour encourager la bonne gestion des finances locales me paraît aussi plus intelligent que de procéder de manière autoritaire.

Moi, je suis très attachée à la politique culturelle, à une écologie de droite mais surtout, en tant que séguiniste, à la résorption des fractures territoriales et sociales. La droite doit défendre l’équité. C’est la raison pour laquelle je défends la mise en place d’un véritable service minimum au sein du service public, qui n’existe pas partout, notamment dans la fonction publique territoriale. Si le droit de grève et le principe de continuité du service public ont toutes deux valeurs constitutionnelles, la conciliation des deux se fait toujours au détriment du second. Je souhaite introduire le service minimum dans la Constitution. C’est une question d’équité et la droite a été très couarde sur le sujet.

  • Êtes-vous d’accord avec la « règle d’or » proposée par Laurent Wauquiez : « pas de hausse d’impôt » dans les programmes de la droite ?

Moi, la règle d’or, je souhaite l’inscrire dans la Constitution pour que l’on ait des budgets à l’équilibre, comme c’est le cas en Allemagne. Dire « pas de hausse d’impôts » sans parler de la réduction de la dette et dire comment on va le faire, c’est une incantation un peu démagogique en période électorale. Laurent Wauquiez se trompe d’élection. […]


Pierre-Alain Furbury  – Les Echos : Une interview de « Florence Portelli : « Wauquiez se trompe d’élection » » – Source (Extrait)