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Samedi (18 nov 2017 s’achevait après deux semaines de négociations la vingt-troisième COP à Bonn en Allemagne, sous la présidence des Fidji. Les COP ou Conférences des Parties ont été imaginées à Rio en 1992 lors du premier sommet de la Terre organisé par les Nations unies afin de lutter contre le changement climatique.

La première s’est tenue à Berlin en 1995 et c’est à Kyoto en 1997, lors de la COP3, que fut signé le Protocole de Kyoto. Il prévoyait alors une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre de 5% par rapport à son niveau de 1990, jugées responsables du réchauffement climatique. 27 ans plus tard, ces émissions sont, après une courte pause, reparties à la hausse en 2017 et elles représentent à présent une hausse de 58% pour les émissions de CO2 par rapport à la valeur de référence de 1990. Nous sommes donc loin, très loin, des réductions escomptées en 1997 et ce malgré ces nombreuses COP organisées depuis tant d’années.

Que s’est-il passé ? Pourquoi un tel échec ? Pourquoi ni les COP, ni les différentes initiatives individuelles ou collectives ne permettent-elles pas d’inverser la tendance malgré une prise de conscience croissante (je ne suis pas sûre qu’on puisse parler encore de prise de conscience générale malheureusement) partout dans le monde, en témoignent le nombre d’ONG engagées sur ces questions mais aussi de citoyens ou d’entreprises ?

Beaucoup d’arguments ont été avancés depuis des années pour expliquer cela : le rattrapage économique des pays émergents, la mondialisation et le développement des transports internationaux, la surconsommation, le gaspillage, etc.

Deux voies ont été explorées pour lutter : la sobriété et le progrès technique.

  • La sobriété doit permettre de remplacer des fonctionnements et modes de vie fondés sur le gaspillage des ressources (et donc des rejets de CO2) par des solutions moins polluantes, l’épuisable par du renouvelable, etc.
  • Les progrès accompagnent ces évolutions en donnant des solutions pour aller dans ce sens et amplifier les résultats mais, pour le moment, tout cela est resté très insuffisant au regard du défi et les émissions n’ont fait qu’augmenter.

Pourquoi ?

D’abord, il y a nos modes de vie. Prenons l’exemple de la France dont on nous explique depuis des décennies que le nucléaire a permis de réduire ces émissions. C’est vrai mais force est de constater que la désindustrialisation a également eu un impact important. On peut ainsi constater […] que dans le cas de la France, les émissions de l’industrie manufacturière ou de l’énergie ont plutôt diminué depuis 1990, l’agriculture est restée assez stable mais le transport, le traitement des déchets, le tertiaire, le commerce et le résidentiel ont fortement augmenté. Preuve s’il en était que les changements opérés ont été trop limités pour véritablement permettre ne serait-ce que de stabiliser la situation au niveau mondial.

[… ] Tous les pays aspirent au développement économique et c’est légitime mais ce développement ne pourra se faire dans les mêmes conditions que par le passé. Pour cela, les moyens à investir seront bien plus conséquents et reposeront sur des technologies mal maîtrisées par les pays du Sud. Aujourd’hui, la finance verte se développe et l’Union européenne a même mis en place un groupe d’experts pour faire des propositions en ce sens. Il ne faudra ainsi pas oublier que l’essentiel des besoins de financements en matière d’adaptation et d’atténuation sont au Sud !


Sylvie Matelly – IRIS – Source (extrait)