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Que Drahi, qui vit en Israël et paie peu d’impôts en France, soit suite à des investissements hasardeux devant des dettes colossales occasionnant la chute en bourse, des actions de l’empire Altice et même s’il faisait faillite, à vrai dire m’indiffère, surtout sachant comment il a obtenu sa fortune faite de rachats et « découpes » des entreprises malmenant, humiliant et les rejetant les salariés dès qu’il le pouvait, sans aucune considération humaine, non, si faillite il fait et que sa personne disparaisse de la liste des fortunes « de France », personnellement je ne m’en porterais ni plus mal, ni mieux, par contre est à craindre des centaines de salariés licenciés ce qui, pour eux seraient dramatique. MC

Le couperet est tombé jeudi 9 novembre dans la soirée. Michel Combes, directeur général d’Altice et de SFR a été démis de son poste, remplacé par celui qui occupait le rôle de directeur général d’Altice US, Dexter Goei.

Une décision qui a entraîné un jeu de chaises musicales : Alain Weill devient PDG de SFR et, surtout, Patrick Drahi himself reprend la présidence d’Altice. Si l’homme qui avait pris du recul au sein de son propre groupe retourne ainsi dans l’arène, c’est qu’il y a panique à bord.

Le cours de son action en bourse a perdu 34 % en cinq séances et plus de 50 % depuis juin.

SFR, « le donneur universel »

Altice est un grand groupe de télécommunications qui regroupe :

  • Téléphonie (SFR),
  • Médias (BFM TV, RMC, L’Express, Libération)
  • Droits sportifs foot championnat anglais
  • à partir de l’année prochain, Droits sportifs foot « Ligue des champions ».

Dans son catalogue, le mouton noir s’appelle SFR, qui n’en finit plus de dégringoler, payant une série de décisions et d’investissements hasardeux. De là à s’attirer des moqueries : « Dans les mieux des télécoms, on appelle SFR le donneur universel : les abonnés filent tous ailleurs », rappelle Dominique Seux, chroniqueur éco sur France Inter. Les chiffres sont éloquents : depuis son rachat en 2014, la marque au carré rouge a perdu 1,5 d’utilisateurs mobiles dans un portefeuille d’un peu moins de 15 millions d’abonnés.

Pour pallier ces résultats, l’opérateur a tranché dans le vif : en trois ans, un important plan de réduction des coûts a été mis en place :

  • 5.000 postes supprimés
  • Investissement massif dans les réseaux fixes et mobiles.
  • Investi sur les droits sportifs
  • Investi dans le cinéma

Objectifs : diversifier les offres et attirer de nouveaux abonnés. Mais, en compensation, les tarifs d’abonnements ont progressé. « Ils ont réussi partout à couper les coûts. Mais sur les revenus, il n’y a pas eu de recette miracle », explique Nicolas Ddio, analyste chez Berenberg à l’AFP.

50 milliards de dettes

Si l’empire bâti par Patrick Drahi inquiète autant les observateurs aujourd’hui, c’est avant tout à cause de son système économique. La dette d’Altice est colossale : 50 milliards de dollars.

On a commencé à entendre parler de l’entrepreneur franco-luso-israélien au début des années 2000, lorsqu’il investit dans les réseaux câblés hexagonaux, jusqu’à devenir le numéro 1 du secteur grâce à Numéricable.

Fin 2013, il s’offre la filiale d’Orange en Républicaine dominicaine pour plus d’un milliard de dollars Sa frénésie dépensière commence réellement entre 2014 et 2015 : en France, il engloutit SFR, Virgine Mobile, L’Express, Libération et le groupe Next (composé de BFM TV et RMC). Le 17 septembre 2015, il reprend le deuxième câblo-opérateur aux États-Unis, Cablevision, pour 17,7 milliards de dollars (15,6 milliards d’euros), dette comprise.

En deux ans il débourse 65 milliards de dollars et ses dettes deviennent abyssales. Bernard Mourad, son ancien banquier balayait l’affaire d’un revers de manche en 2016, sur France Inter : « Ça ne veut rien dire, 50 milliards de dettes. Il faut regarder ce qu’il y a en face : des actifs de grande qualité qui génèrent du cash flow, de la rentabilité. »

Pour autant, la chute vertigineuse du titre à la bourse surenchérit le prix de toute acquisition. De leur côté, les investisseurs risquent d’y regarder à deux fois avant d’investir dans une entreprise aussi endettée.

Autant d’éléments qui prouvent que l’heure est grave pour Altice. D’ailleurs, si en façade Patrick Drahi a bandé les muscles, dans l’arrière cuisine il a mené tambour battant la renégociation de sa dette. 85 % de cette somme est à taux fixe et le premier remboursement d’ampleur n’intervient pas avant 2023, rappelle l’AFP.

L’impact de la TVA hyper réduite dont il bénéficie grâce à son kiosque presse, inclus dans ses abonnements, devrait en outre bientôt prendre fin. Le gouvernement vient de faire passer un texte limitant l’impact de cet artifice qui lui a permis de gonfler son chiffre d’affaires de 300 millions d’euros par an, indique l’AFP.

D’ici là, la cinquième fortune de France selon Forbes espère remonter la pente grâce aux droits sportifs. Il va devoir faire preuve de patience, car il n’aura l’exclusivité de la Ligue des Champions qu’à partir de septembre 2018.


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