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Les gouvernements précédents avaient promis que le forfait hospitalier et la Contribution Sociale Généralisée auraient un caractère provisoire et que les sacrifices permettraient de combler le fameux « trou » de la Sécurité Sociale.

Non seulement il n’en est rien, mais ce qui devait être provisoire est aujourd’hui utilisé pour soutirer encore plus d’argent de la poche des assurés sociaux et des contribuables pour alléger sans cesse celles des grandes entreprises qui bénéficient de multiples dégrèvements.

Elles sont exonérées des cotisations patronales à hauteur de près de 45 milliards d’euros par an. C’est un manque à gagner qui représente la bagatelle 10% de la totalité du budget de la Sécurité Sociale. Il convient d’y ajouter, si on en croit la Cour des comptes, 20 milliards de fraudes patronales ! Et certains revenus du capital ne cotisent toujours pas pour la protection sociale.

Parmi ces bénéficiaires des largesses gouvernementales, nombreux sont ceux qui vont être récompensés avec le détricotage de l’ISF, tandis que tout un chacun devra faire face aux augmentations du forfait hospitalier et de la CSG.

Pour masquer ses véritables intentions, la ministre de la Santé a eu l’outrecuidance d’expliquer que « 30% des dépenses de l’assurance maladie ne sont pas pertinentes ».

C’est toujours ce refrain chanté en boucle par tous les ultralibéraux : les Français dépensent trop pour se soigner ; ils restent trop longtemps à l’hôpital ; ils bénéficient d’arrêts de maladie de complaisance. Il suffit de se rendre dans un hôpital, dans une maison de retraite médicalisée ou de vivre dans un désert médical pour avoir une idée des dégradations en cours.

Il est expliqué qu’il faudrait augmenter les dépenses militaires alors qu’il faudrait réduire celles consacrées à la santé ou à l’école dans un pays qui ne consacre aux dépenses de santé que 11% des richesses nationales alors que la moyenne des pays de l’OCDE se situe à 12,5%.

Contrairement à une propagande copiée sur les fascicules du MEDEF, les enjeux de la protection sociale ne se réduisent pas à des problèmes comptables et de gestion. C’est un enjeu humain de première importance au moment où des réflexions nouvelles devrait s’engager sur les moyens de faire face à l’augmentation de la population, au vieillissement qui appelle de créer une nouvelle branche de la Sécurité Sociale.

Les difficultés de la Sécurité Sociale sont organisées sous la pression des puissances d’argent qui se font sans cesse exonérer de leurs contributions au bien commun. Elles ne veulent plus de Sécurité Sociale à la française, celle-là même qui plonge profond ses origines dans l’histoire des luttes populaires nationales. Celle qui est consubstantielle de notre Nation et qui a connu son grand moment fondateur dans les textes du Conseil National de la Résistance, puis sous l’impulsion de l’ouvrier communiste devenu ministre Ambroise Croizat.

Derrière les thèses macronistes de la recherche de la réussite, de l’adoration du mérite, se cache le projet de détruire toute institution promouvant la solidarité et les projets communs.

L’objectif de la Sécurité Sociale est de faire vivre la solidarité dans la nation. Solidarité entre générations, solidarité entre bien-portants et malades, entre valides et invalides, solidarité entre actifs et inactifs. Solidarité basée sur des contributions financières à la caisse commune à partir du travail et de la plus-value qu’il produit : ce sont les cotisations sociales.

Quand le travail est malmené, précarisé, saccagé, la Sécurité Sociale est asphyxiée. Rien à voir donc avec une « charge » comme se plaisent à nommer les cotisations sociales tous ceux qui ne rêvent que de privatiser un système qu’ils voudraient voir entièrement entrer dans l’escarcelle de leurs profits. Les requins des assurances privées s’y préparent de longue date. Pour cela un inquiétant tour de passe passe est à l’œuvre.

Pour contenir la colère contre la pression à la baisse du pouvoir d’achat le gouvernement veut supprimer ces cotisations sociales en faisant d’une pierre deux coups : satisfaire une vieille demande patronale et augmenter en apparence le salaire direct, quitte à détruire des moyens mis en commun pour le bien commun.

En réduisant les cotisations sociales pour augmenter le salaire direct, non seulement on exonère le patronat de la question centrale de l’augmentation des rémunérations mais on tarit la source qui permet de faire face en commun à la maladie, aux accidents du travail, aux besoins de base de la famille et à la vieillesse.

Chacune, chacun paierait extrêmement cher cette lourde imposture, avec, pour les plus fortunés, une vraie assurance « privée » et pour les autres, de loin les plus nombreux, une assurance de seconde zone !


Le blog de Patrick le Hyaric – Source