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La ministre des armées, Florence Parly, s’y est prise à deux fois pour transmettre les renseignements que la loi lui fait obligation de donner à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

[Dans une première déclaration,] Florence Parly n’avait alors fait état [que] de ses revenus que sur les deux dernières années, [alors que la HATVP exige] sur les cinq dernières années.

Obligée de se plier à la loi comme ses collegues ministres …. dans cette deuxième déclaration, on retrouve certes les revenus de Florence Parly du temps où elle était à la direction de la SNCF, de novembre 2014 à mai 2017 … Mais on y trouve aussi les revenus qu’elle a empochés quand elle était auparavant à la direction d’Air France, de janvier 2011 à septembre 2014. Et ce sont ces derniers revenus qui réservent la principale surprise.

On y lit en effet cette mention : « Indemnités perçues lors du départ, y compris solde de tous comptes, 407 231 euros (675 800 euros bruts imposables et non imposables) ».

Le mot choisi d’« indemnités » et la précision indiquant qu’une partie de la somme était imposable et une autre partie non imposable suggèrent donc que Florence Parly a fait l’objet d’un licenciement à Air France, ce qui n’apparaît nulle part dans son curriculum vitae.

Intrigué par le montant très important de cette indemnité, ainsi que par la procédure de licenciement, nous avons par conséquent interrogé à la fois le service de communication de la ministre et celui d’Air France. Et d’un côté comme de l’autre, nous avons obtenu la confirmation qu’il s’agissait bien d’un licenciement.

… nous avons bien évidemment demandé à nos interlocuteurs travaillant avec la ministre quelle était la nature de ces « désaccords stratégiques ». Nous leur avons aussi demandé si Florence Parly, qui est administratrice civile à la direction du budget, avait informé l’Agence des participations de l’État (APE) de ces divergences, ce qui aurait été logique, puisque l’État est le premier actionnaire d’Air France-KLM, avec une participation de 17 % au sein de son capital, et que c’est précisément l’APE qui supervise les intérêts de l’État. Il y a même deux représentants de l’État qui siègent au conseil d’administration. Mais à toutes ces questions, nous n’avons pu obtenir aucune réponse.

Florence Parly a donc été licenciée d’Air France en septembre 2014 ; elle a alors empoché 675 800 euros bruts ; puis elle a été embauchée deux mois plus tard à la direction de la SNCF. Ce qui suggère que la vie d’un haut fonctionnaire de Bercy est décidément très confortable. Mieux : elle permet, sans le moindre risque, de faire fortune.

Le magazine Marianne, qui a révélé ces indemnités, souligne que leur montant colossal retient d’autant plus l’attention qu’elles sont versées dans une conjoncture très particulière : « Au moment où l’actuelle ministre a touché cette prime, Air France était loin de se trouver dans une situation financière saine. En 2014, le transporteur aérien a accumulé 129 millions d’euros de pertes. En 2012 et 2013, le groupe a aussi mis en place deux plans de départs volontaires et supprimé respectivement 5.122 et 2.800 postes. » Et le journal ajoute : « On ne peut en outre pas lier cette super-prime à des résultats personnels particulièrement renversants.


Mauduit Laurent, Médiapart – titre original « Le mystérieux parachute de Florence Parly licenciée d’Air France » – Source (Extrait très partiel)


Lire aussi : Un parachute doré à 675 000 euros pour la ministre des Armées à son départ d’Air France – Publié le 04/11/2017 à 17h41 par « SudOuest.fr. » Source


Ou : « L’affaire Florence Parly, ou les complaisances de l’État actionnaire » – Publié l’Observation des Multinationales – Source