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Opposés sur la question de l’indépendance catalane, les dirigeants politiques au pouvoir à Barcelone et à Madrid se ressemblent : ils estiment que leur intransigeance fera oublier les scandales de corruption qui les accablent. Un bouillon de culture propice aux surenchères, y compris répressives. Imaginer une solution au conflit implique au contraire de remonter aux racines de la crise.

Vues d’Europe, les positions des parties opposées sur la question catalane peuvent paraître étranges, voire erratiques. Elles obéissent pourtant à deux stratégies que l’on perçoit mieux en abandonnant la grille de lecture « séparatisme contre État central ». Non pas qu’elle soit erronée — chacun s’en réclame —, mais elle masque un autre problème, plus profond : la Constitution espagnole n’a pas évolué depuis son adoption en 1978, trois ans après la mort du dictateur Francisco Franco, perdant peu à peu le contact avec la réalité de la société qu’elle devait structurer. La lecture séparatiste n’explique pas pourquoi le premier ministre espagnol incendie la Catalogne le 1er octobre puis appelle à y tenir des élections, ni pourquoi son homologue catalan déclare une indépendance sans aucun effet réel et qui mécontente autant ses partisans que ses adversaires. La réponse est que la crise catalane constitue une forme de territorialisation de conflits nés ailleurs.

(Extrait très partiel)


Sébastien Bauer – « Le monde Diplomatique » Titre original de l’article « La crise catalane est née à Madrid » source (extrait)


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