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31 ans après le terrible accident nucléaire de Tchernobyl (Ukraine), la région est toujours désertée par les Hommes, ce qui a permis à la nature de reprendre ses droits comme en témoigne une étonnante vidéo de Danny Cooke dans la ville de Pripyat et une nouvelle étude sur le retour de la vie sauvage.

Depuis la catastrophe du 26 avril 1986, une zone d’exclusion de 30 kilomètres autour du sarcophage nucléaire été mise en place et 116 000 personnes ont été évacuées de manière permanente. Elle couvre une superficie de 2 600 km² (un peu plus que l’aire de l’île de la Réunion) et n’est habitée que par une centaine de résidents illégaux, les Samosely. La contamination radioactive y persistera pendant plusieurs dizaines de milliers d’années…

Rappelons que l’explosion du réacteur 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl a contaminé un territoire d’environ 320 000 km² (l’équivalent de près des 3/4 de la superficie de la France) en Ukraine, Biélorussie et Russie.

 

Dans les mois qui ont suivi la catastrophe, les fortes doses de radiation émises par l’explosion et l’incendie qui s’est déclenché, ont considérablement réduit la population animale qui vivait dans la Forêt Rousse (ou Rouge) — ainsi nommée parce que les arbres de la zone sont tous devenus rouges lorsqu’ils ont été frappés par les radiations.

La nature reprend ses droits autour de Tchernobyl

Si les premières années de l’accident nucléaire furent dévastatrices pour la faune, les chercheurs notent que la vie s’adapte au point que la zone d’exclusion autour de la centrale ressemble de plus en plus à un sanctuaire pour la vie sauvage, grouillant d’élans, de chevreuils, de cerfs, de sangliers, de loups et même d’ours bruns qui n’avaient pas été vus dans cette zone depuis un siècle !

C’est l’objet d’une nouvelle étude, publiée dans le journal scientifique Current Biology et dirigée par Tatiana Deryabina (Réserve radioécologique de la Polésie), qui étudie depuis plus de 20 ans la renaissance de la faune sauvage, notamment à travers des photos étonnantes d’aigles, de lynx, de belettes, d’élans…

Au début, les oiseaux ont développé des tumeurs, tandis que certains mammifères présentaient des anomalies génétiques et une diminution du taux de reproduction, puis, certaines espèces d’oiseaux ont produit davantage d’antioxydants pour se protéger contre leur environnement radioactif.

« Il est très probable que les populations animales à Tchernobyl soient bien plus nombreuses qu’avant l’accident, » explique Jim Smith, co-auteur et professeur de l’Université de Portsmouth. « Cela ne signifie pas que les radiations sont bonnes pour la vie sauvage, mais simplement que l’impact des habitations et activités humaines, y compris la chasse, l’agriculture et l’activité forestière — était bien plus néfaste. »
« Ces données uniques montrent que de nombreuses espèces animales ont continué à se reproduire à quelques kilomètres de Tchernobyl, » explique Jim Beasley, co-auteur et chercheur à l’université de Géorgie (États-Unis). « Cela illustre la résilience des populations d’animaux sauvages quand celles-ci sont libérées des pressions inhérentes à la présence des humains. »

Aujourd’hui, près de 400 espèces d’animaux vertébrés vivent dans la zone de Tchernobyl et on y compte environ 4 000 plantes. « la végétation est dense et les marais de la zone d’exclusion sont devenus le foyer d’oiseaux en voie de disparition comme la cigogne noire, le pygargue à queue blanche et le hibou grand-duc » (…) Des loutres, des blaireaux et de lynx ont trouvé refuge dans les forêts et les fleuves de Tchernobyl, loin des hommes », précise Sputnik.

Au final, la biodiversité dans la zone d’exclusion est comparable à une réserve naturelle avec, toutefois, sept fois plus de loups ! Rappelons que les loups participent à la régulation des populations d’herbivores, même si les habitants de plusieurs villages dans le sud de Biélorussie signalent des attaques fréquentes qui les terrorisent.

Pour les auteurs de l’étude, la recrudescence des populations animales est due à une baisse significative des niveaux de radiation. En revanche, les animaux continuent d’accumuler les rayonnements radioactifs.

C’est notamment le cas des sangliers qui consomment des truffes qui accumulent et conservent des niveaux élevés de radiation. Le quotidien britannique The Telegraph rapporte le cas d’un sanglier sauvage, chassé à la frontière suédoise et dont le cadavre a une activité de 16 000 becquerels par kilo – plus de dix fois la norme sanitaire. Plusieurs autres cas de sangliers radioactifs ont été signalés dans les pays présents autour de l’Ukraine, preuve que le nuage radioactif n’a effectivement pas connu de frontières.

Les effets des radiations sur les animaux

Des experts capturent périodiquement des animaux pour étudier les anomalies qu’ils présentent : « bien sûr, la radiation affecte la faune et la flore dans la zone d’exclusion. Nous découvrons de nombreuses anomalies génétiques. Mais on peut dire avec certitude que la radiation locale affecte peu le nombre et la population des animaux » indique Denis Vichnevski dans Sputnik. Selon lui, l’anomalie la plus répandue est l’albinisme.

Pour Timothy Mousseau, biologiste à l’université de Caroline du Sud, selon lui, il faudrait également étudier les animaux qui ne sont pas chassés par l’Homme, comme les oiseaux, les insectes et les plus petits mammifères. « L’étude ne nous dit pas si les radiations ont des effets sur la reproduction, la survie, la longévité, ou la santé générale des animaux étudiés. Les découvertes de l’étude sont plutôt une réflexion sur les impacts de la vie humaine et de la surexploitation de ressources naturelles en cas d’absence de mesures de protection.« .

Quand l’Homme se retire, la nature est florissante

Dans tous les cas, lorsque la pression de l’Homme diminue, c’est la vie qui renaît comme en témoigne la zone démilitarisée entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, une étroite bande de terre truffée de mines qui est devenu un sanctuaire pour les sangliers, cerfs et des centaines d’espèces d’oiseaux qui y séjournent en période hivernale.


Source Notre-Planete. Info


AUTRE QUESTION ….

Les terres avoisinant le site de Tchernobyl sont-elles cultivables ?

Une équipe de chercheurs slovaques et ukrainiens, sous la direction de Martin Hajduch, directeur de l’Institut de génétique des plantes et de biotechnologie de l’Académie slovaque des sciences, s’est penchée sur cet étrange phénomène. « Si vous vous rendez dans la région de Tchernobyl, vous ne pouvez imaginer ce qui s’y est passé » explique Martin Hajduch. « Les plantes ont été parfaitement capables de s’adapter à la radioactivité et nous avons voulu comprendre comment, quel type de changement moléculaire avait eu lieu. »

Les premiers résultats de cette étude, qui ont été publiés dans la revue Environmental Science and Technology et relayés par le New York Times, permettent d’émettre l’hypothèse que c’est le taux de protéine dans les plantes qui a été légèrement ajusté et a permis leur adaptabilité. En effet, Martin Hajduch et ses collègues ont cultivé des graines de lin dans des sols contaminés de la région de Tchernobyl et les ont comparées avec des graines de lin cultivées dans un sol non irradié. Ils n’ont trouvé que très peu de disparités entre les plantes, hormis leurs taux de protéines différents de 5%, et en ont conclu que ces changements dans le taux des protéines pourraient être un mécanisme de défense des plantes contre les radiations.

« Les plantes qui poussent sur un sol radioactif semblent être en bonne santé. Je ne dirais pas que tout ce qui pousse sur un sol contaminé est comestible mais ce n’est pas déficient pour autant. Nous nous sommes rendu compte que la radioactivité du sol était effectivement entièrement absorbée par la plante mais qu’elle n’atteignait que très peu les graines. Ainsi, même si la plante est radioactive, ses graines le sont très peu. Et dans le lin encore moins que dans le soja. Il est, bien sûr, absurde de cultiver dans de telles zones mais il est important de savoir que c’est éventuellement possible de le faire si cela devenait une nécessité. »


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