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Pour sa première interview accordée à une chaîne de télévision depuis son élection, Emmanuel Macron n’est pas parvenu à séduire ses concitoyens.

À en croire un sondage Harris Interactive pour RMC publié lundi 16 octobre, plus de six Français sur dix (61%) disent ne pas avoir été convaincus par la prestation du président dimanche 15 octobre sur TF1 et LCI. Seules, 39% des personnes interrogées sont d’un avis contraire.

(…) En revanche, 7% affirment avoir été « tout à fait convaincus » et 32% « plutôt convaincus ». Indépendamment du jugement global, 50% des Français déclarent avoir été convaincus lorsque le président a évoqué les sujets internationaux, (…).

Félix Roudaut, RTL – Source (Extrait)


Le Monde le 15octobre à 22h40 Source (Extrait)

Le PS a également réagi à l’intervention du président de la République : 

La parole du chef de l’Etat était d’abord attendue sur les enjeux économiques et sociaux, ceux de l’emploi, du pouvoir d’achat, du soutien aux territoires. Alors que l’examen du budget 2018 débutera cette semaine au Parlement, il aurait été utile pour les Français que soit annoncé le retrait des mauvaises décisions gouvernementales. Il n’en a hélas rien été : maintenue, la réforme de l’ISF pour 170 000 foyers les plus riches ; maintenue, l’augmentation de la CSG pour 8 millions de retraités ; maintenue, la création d’une « flat tax » qui ramène l’imposition des revenus du capital en dessous de la première tranche de l’impôt sur le revenu ; maintenue, la diminution des APL pour 6,5 millions de ménages ; maintenue, la suppression de 120 000 emplois aidés qui fragilisent les services de proximité et la vie associative. Le président de la République souhaite « libérer et protéger » mais une majorité de Français constatent que sa politique aboutit pour l’heure à flexibiliser et précariser. ​

Le Monde le 15 octobre à 22h38

Réaction de Marine Le Pen, présidente du Front National, a également réagi à l’intervention du président de la République : 

Lors d’une intervention ponctuée de tunnels technocratiques du niveau d’un Premier ministre, nous avons vu un président qui tente laborieusement de s’expliquer sur son style jugé presque unanimement méprisant ou suffisant et sur des systèmes qui apparaissent au fil des explications comme des usines à gaz. (…) Sa démonstration se heurte à des incohérences notoires : comment résoudre, comme il le prétend, le problème du logement en décourageant l’investissement dans la pierre ? Comment faire croire qu’en augmentant la CSG, il augmente le pouvoir d’achat des retraités ? Le Front National qui a entendu le président promettre de discuter de l’expulsion de délinquants en situation irrégulière lui rappelle que le séjour illégal est en soi un acte qui, à lui seul,  mérite une reconduite systématique à la frontière.

Le Monde le 15 octobre à 22h22  –

Réaction du porte-parole du PCF, Olivier Dartigolles, a également réagi à l’intervention du président de la République :

« Rien de neuf avec un discours ressassé, répétitif, non pas complexe, mais tout simplement dans l’enfumage. Tout ce qui provoque dans le pays de la colère et du mécontentement est totalement assumé : la casse du droit du travail avec les pleins pouvoirs patronaux, un budget 2018 pour les riches, une baisse des APL, une augmentation de la CSG, le dynamitage du logement social, le crépuscule industriel de la France, la seconde étape de la démolition sociale avec les prochaines contre-réformes sur la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance-chômage. Pas un seul mot de regret pour les « fainéants », « ceux qui ne sont rien », pour le « bordel ». Pour lui, un langage « populaire », ce qui constitue une autre forme de mépris de classe. »

Cette interview était aussi un gros coup de communication pour Macron qui voulait se sortir de sa spirale négative mais peut-on considérer que faire un discours sans annoncer une réforme concrète ou même s’excuser de ses propos d’aucuns considèrent comme déplacés était une bonne idée?

Nicolas Chapuis, chef du service politique du Monde, le 15 octobre à 21h35: En effet il n’y a pas d’annonce concrète dans cette interview, mis à part deux trois petites choses, comme le lancement l’année prochaine d’une réflexion sur l’intéressement et la participation. Bien sûr, il s’agit d’un exercice de communication, au sens propre du terme. Emmanuel Macron se voyait reprocher de ne pas s’adresser directement aux Français, il voulait donc le faire à travers cette interview. En revanche, il est resté fidèle à sa ligne : il ne s’excuse pas de ses propos, même quand ceux-ci sont mal perçus par les Français. La seule fois où il s’était excusé, c’était sur « les illettrés de Gad ».


Fermez les écoutilles … vous pouvez dire c’que vous voudrez j’m’en balance, moi Emmanuel 1er, j’fonce pour mes pairs et la plèbe restera a sa place ! MC