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« Teach For France » a été lancé par Laurent Bigorgne, patron de l’institut Montaigne, « think tank » néolibéral. On peut douter de l’objectif humaniste de cette création…

Le dossier ci-dessous, devrait -entre autre- ouvert et prit en compte, d’abord par les parents d’élèves … J’ai souligné que les prédictions d’Aldous Huxley dans le « Meilleurs des monde » prônant le classement des individus par sélections … n’étaient pas glorieuses pour l’intégrité des humains, nous y venons !

Avec l’Entrepreneuriat Social et Solidaire (ESS), on passe un nouveau cap porteur d’espérance pour le système financier bancaire international mais éloigné des émancipations sociales et spirituelles des peuples.

On sent l’amorce d’un changement de paradigme auquel il semblerait qu’on ne puisse échapper. La pensée néo-libérale s’étend dans la société, remplit les esprits et semble devenir de plus en plus incontournable. L’amer et terrifiant constat est là.

Ces multinationales défient désormais les Etats dans une concurrence permise par « nos » représentants au sein même de ce qu’est devenue notre démocratie qui se mute progressivement en régime autoritaire…

En particulier, elles prétendent ici remplacer notre solidarité sociale et notre système éducatif national par les ESS, leviers de changement. Oui, nous sommes bels et bien arrivés dans l’ère où le système financier bancaire international s’attaque directement aux Etats.

Désormais « le capitalisme global a neutralisé les démocraties nationales » écrit Wolfgang Streek(1)… Il faut en mesurer les dangers et garder la tête froide alors que nous ressentons le roulis des temps noirs de l’histoire et le ressac des horreurs passées qui mirent à genoux les démocraties. Autant de moments inquiétants où les Etats se retournèrent contre les peuples : « Il ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens déjà ratifiés » nous disait JC Junker(2)… En 2015.

Les objectifs du système néo-libéral ne se résument pas qu’en profits reversés aux actionnaires. Ils s’inscrivent dans une nouvelle spiritualité qui s’accorde mal avec notre devise « liberté, égalité, fraternité ». L’ancien monde des Droits de l’Homme est devenu inutile au profit dérégulé et à cette nouvelle religion. En pratiquant l’amnésie historique qui fait croire que nous sommes tous égaux devant les nouveaux marchés, elle marche à pas de loup et propose des solutions aux problèmes dont elle est elle-même la cause.

Au final, ces solutions aggravent la condition humaine et installent de façon durable une nouvelle hégémonie insaisissable ; celle du changement perpétuel. En voulant investir le champ éducatif, elle s’assure pour longtemps. Par les compétences, livrets de compétences, savoir-faire et savoir-être(3), ce ne sont plus de simples travailleurs-modèles que l’on fabrique à la chaîne, mais des acteurs de changement. […]

Il s’agit de programmer la personnalité pour avoir un type d’attitude souhaitée au moyen des nouvelles technologies. C’est un transhumanisme déshumanisé et Maria Noland de l’Université de New York le précise dans un excellent article qu’elle a eu l’amabilité de traduire en français :

« Cette logique de réduire l’homme à son utilité d’entreprise est aussi celle du projet transhumaniste (…) Dans une stratégie anti-humaniste, contre le sens, la culture personnelle est réécrite en simple besoins de la classe capitaliste. Le sens personnel né d’une éducation véritablement émancipatrice qui permet de comprendre soi-même le fonctionnement de la société et de la Nature est remplacé par un endoctrinement aux dispositions pacificatrices et rentables pour la classe capitaliste. »

… « non sans cynisme, David Rockfeller résume en quelques mots le projet porté par «ces élites intellectuelles». Celui de remplacer les gouvernements. C’est ce qu’il avouera dans Newsweek en 1999 : «Quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’identité adéquate pour le faire. Ce pouvoir privé est celui des marchés dont la matière première est l’argent, le capital»(7). Car évidemment, si l’idéologie religieuse est grisante, elle sert abondamment le profit que le capitalisme dérégulé dérobe à la statique des vieilles structures étatiques. […]

Lire l’intégralité de l’article – Source


Note(s) – Il se pourrait, compte tenu de la sélection prodiguée, qu’une référence n’ait plus de raison d’être … Merci de votre compréhension. MC

  1. Wolfgang Streeck, « le retour des évincés » dans l’âge de la régression. Pourquoi nous vivons un tournant historique (collectif), Premier parallèle, Paris , 2017.
  2. JC Junker, Président de la commission européenne lors de la victoire de Syriza en Grèce.
  3. Point d’achoppement de l’empathie.
  4. article loi 1905.
  5. Jacques Muglioni, 1921-1996, agrégé de philosophie, Inspecteur général.
  6. « avoir à manger ou être dévoré ». Scott Mc Nealy directeur du Sun.
  7. Natacha Polony et le Comité Orwell, « Bienvenue dans le pire des monde », édition Plon.
  8. Il faut bien s’assurer.

———————–  Autres infos-commentaires …

D’emblée, la confusion s’installe, alors reformulons : Economie Sociale et Solidaire ou Entrepreneuriat Social et Solidaire (ou service public) ? Puisant ses origines dans le XIXème siècle, l’économie sociale et solidaire s’est développée en France avec les coopératives, les mutuelles, les associations et le mouvement ouvrier. C’est avec la volonté de produire et de gérer la production autrement, qu’elle propose une alternative au système financier bancaire international dans certains secteurs. Répondant à un besoin humain de paix, d’harmonie, d’empathie et d’innovation, elle se dota de règles simples : gouvernances démocratiques, actionnariats et profits limités, proximité avec les enjeux de terrain et mobilisation citoyenne. Et c’est naturellement dans le secteur des activités sociales que cette économie s’implanta et tissa plus de solidarité. On peut dire que la sécurité sociale, par exemple, participe de cette économie. En bref, ce secteur restait sous possession humaine.

Mais Bill Drayton, patron d’Ashoka et créateur de l’Entrepreneuriat Social et Solidaire, fort d’une riche expérience et d’une maîtrise exemplaire de la communication, phagocyta ce mouvement de l’intérieur.

Aujourd’hui, bien que l’entrepreneuriat social s’en donne les apparences, il fait tout le contraire de l’économie sociale ; partant des besoins humains qui l’ont générée (empathie, innovation…), il les détourne au seul profit des intérêts capitalistes. La possession a changé de camp : avec Drayton, les hommes ne sont plus destinataires de cette économie et deviennent, en réponse à leurs besoins profonds, asservis au système financier bancaire international, grands financiers et l’aliénés à un nouvel état d’esprit. Cet entrepreneuriat, notamment Ashoka ou Teach For France, est une solution redoutable pour créer le basculement du monde vers un autre, au seul profit du système financier bancaire international, grands financiers

Vincent Lemaître – Source (extrait) Lu dans la lettre UFAL


Lu dans Localtis — 4 octobre 2017

Le haut-commissaire « rêve d’une Social French Tech »

Fraîchement nommé haut-commissaire à l’ESS et à l’innovation sociale, Christophe Itier (*) a présenté le 3 octobre 2017, une première esquisse de feuille de route : un « Social Business Act » qui serait détaillé d’ici la fin de l’année et un dispositif d’accélérateur d’innovations sociales. Derrière le « rêve », l’ancien dirigeant associatif n’a pas caché à ses pairs un certain sens des réalités : l’Etat n’a plus d’argent », mais peut fournir des « marges de manœuvre ». Le ton est donné, le programme reste à préciser

(*) Je vous invite à prendre connaissance de sa biographie … intéressante !