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[Avec sa philosophie tirée du rapport Attali, maintes fois développée pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel 1er est exprimée sa volonté en arguant que] dans un monde professionnel où la mobilité est de plus en plus forte, notamment après l’assouplissement des procédures de licenciement, les salariés doivent être rendus plus employables – grâce au renforcement de la formation et de l’apprentissage – et davantage indemnisés – avec l’élargissement de la couverture d’assurance chômage aux démissionnaires et aux indépendants, aujourd’hui exclus du système.

Reçues jeudi et vendredi (12-13 oct 2017) par le président de la République, les organisations syndicales et patronales enchaîneront la semaine prochaine avec le Premier ministre, Edouard Philippe, en présence de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et celui de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Or si l’exécutif, à l’inverse de la réforme du code du travail, s’est donné du temps avant d’aboutir à un texte législatif (attendu pour le printemps au Parlement), les premières réactions des partenaires sociaux laissent penser que le dossier n’en sera pas moins explosif.

  • Notamment sur le sujet qui recueille le plus d’inquiétudes : la refonte du régime d’assurance chômage.

Son élargissement aux indépendants et aux démissionnaires entraînerait, à règles d’indemnisation inchangées, un surcoût de plusieurs milliards d’euros pour un organisme qui accuse déjà un déficit de 3 à 4 milliards d’euros par an ces dernières années, et lesté d’une dette de plus de 30 milliards. Sans ressources supplémentaires, la réforme conduirait donc à réduire les droits des actuels bénéficiaires pour les redéployer au profit des indépendants et des démissionnaires. Une équation explosive. (…) D’autant que le patronat compte bien s’opposer à tout prélèvement supplémentaire sur les entreprises. (…)

  • Autre sujet sensible …

E. Macron, veut faire rentrer l’État dans les décideurs alors que le système aujourd’hui est géré par les seuls partenaires sociaux.

«Quand on gère à 3, c’est toujours 2 contre 1 et ça tourne, donc je ne pense pas que ce soit le meilleur système», réagissaient les syndicats, (…). « Je suis un tout petit peu réservé », a glissé pour sa part Gattaz.

(…)


Alain Auffray – Luc Peillon, Libération – Titre original « Formation et assurance chômage : début de la concertation… et des inquiétudes » – source (Extrait)