Mots-clefs

,

Les plus fortunés doivent passer à la caisse, estime le Fonds monétaire international. Car ce sont les inégalités, et non pas les impôts, qui pénalisent la croissance.

À l’heure où dans nombre de pays occidentaux dont la France, la pression fiscale exercée sur les plus fortunés s’allège sensiblement, le Fonds monétaire international (FMI) jette un pavé dans la mare.

À la veille de sa réunion d’automne, qui commence le 13 octobre, l’organisation dirigée par Christine Lagarde “a lancé un ferme avertissement aux dirigeants politiques : en réduisant (diminuant) les impôts des riches, les gouvernements risquent de saper la croissance économique”, annonce le New York Times.

Ou, comme le dit autrement le Guardian : “Taxer plus fortement les revenus des riches contribuerait à réduire les inégalités sans avoir un impact négatif sur la croissance”.

Ce message, porté par un rapport du FMI publié le 11 octobre 2017, “a une résonance particulière aux États-Unis, où l’administration Trump et les législateurs républicains proposent une réforme fiscale qui, selon ses détracteurs, renforcera les inégalités de revenus en réduisant les impôts des plus fortunés”, souligne le New York Times.

Il faut aussi taxer les biens de luxe

Et au Royaume-Uni, ajoute le Guardian, il conforte le Parti travailliste, qui propose de taxer à 45 % les revenus supérieurs 80 000 livres (91 200 euros), et de 50 % les revenus supérieurs à 123 000 livres (140 000 euros).

Dans les pays de l’OCDE, constate le FMI, le taux le plus élevé de l’impôt sur le revenu a dégringolé d’une moyenne de 62 % en 1981 à 35 % en 2015. Or, selon l’institution, le taux “optimal” se situerait plutôt à 44 %.

Alors, comment taxer les plus riches ?

Toujours d’après le FMI, les gouvernements ne devraient pas se limiter à l’impôt sur le revenu des particuliers. “Un resserrement des règles sur les gains en capital et sur les revenus de dividendes, ainsi que les taxes foncières, les impôts sur les successions et autres taxes sur les biens de luxes peuvent aussi être de bons moyens d’aider les plus riches à mieux redistribuer la richesse”, explique Le Devoir.

Mais comme le relève le quotidien canadien : Le FMI admet que de telles réformes peuvent être difficiles à faire passer, parce que les mieux nantis tendent à avoir plus d’influence politique.”

La fiscalité n’est toutefois pas le seul outil pour réduire les inégalités, qui peuvent, selon les termes du FMI, “éroder la cohésion sociale, mener à une polarisation politique et, ultimement, réduire la croissance économique.”

En 2015, les politiques de redistribution mises en œuvre dans les pays avancés ont réduit d’un tiers les inégalités, calcule l’institution.

Les trois quarts de cette réduction seraient attribuables aux politiques de transferts, comme l’aide sociale, les prestations pour enfants à charge et autre programme de sécurité de la vieillesse, et un quart seulement, aux impôts.


Lu dans Courrier Internationale (Lecture libre en suivant le lien) – Source