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Selon La Vanguardia journal espagnol … Pour comprendre !

Plutôt que d’utiliser la justice et la police, comme il l’a fait lors du référendum d’indépendance du 1er octobre, le chef du gouvernement Mariano Rajoy aurait mieux fait d’engager le dialogue avec Barcelone, estime cet éditorialiste catalan.

Ce qui s’est passé hier [dimanche 1er octobre] est l’échec de la politique. La politique sert à régler les problèmes, et non à en créer de nouveaux. On ne peut pas confier à des juges, des procureurs et des policiers le soin de régler les problèmes politiques, et à plus forte raison quand par leur ampleur ces problèmes sont du ressort de l’État.

En Catalogne, il existe un problème politique : il n’est pas nouveau, mais il s’est aggravé du fait qu’on ne l’a pas affronté quand il l’aurait fallu. On peut comprendre que Mariano Rajoy n’ait pas eu de marge de manœuvre pour négocier en septembre 2012 [quand il a dit non à un nouvel accord financier avec la Catalogne], car l’Espagne était alors à deux doigts d’un sauvetage financier.

L’échec de tous

Mais cinq ans ont passé, l’économie s’est redressée et le gouvernement a été capable, par exemple, de conclure un accord avec le Parti national basque (PNV) pour adopter le budget, accord qui privilégie encore davantage le Pays basque.

L’échec de la politique est l’échec de tous. Je ne vois pas bien quelle leçon tirer de ce qui s’est passé hier. Quelqu’un croit-il vraiment que l’indépendantisme en sortira affaibli ? Malheureusement, il faut s’attendre à des journées très dures et à de nouveaux épisodes de tension.

La Vanguardia n’a cessé d’appeler au dialogue. Mais pas à ce dialogue de sourds auquel nous avons assisté. On a le sentiment qu’il y a eu trop de calculs mesquins et de jusqu’au-boutisme. L’Espagne fait la une des journaux internationaux avec des images difficiles à expliquer dans un pays occidental. La marque Espagne en a pris un coup. Et c’est une très mauvaise nouvelle pour l’Union européenne.

Il faut accepter les consensus

Échouer en politique, c’est échouer dans la capacité à nous entendre. Il n’est pas vrai que le vainqueur soit toujours celui qui a raison. Celui qui a raison, c’est celui qui est capable d’accepter des consensus, de convaincre avec ses idées, de faire triompher des causes.

Certes, on ne peut pas transgresser les lois. Mais on ne peut pas non plus franchir la limite du bon sens. L’incapacité collective à aborder un problème profond est un échec partagé. Et dans le cas qui nous occupe, on mesure encore mal la gravité de cet échec et le retentissement qu’il aura dans nos vies.


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Màrius Carol – La Vanguardia – Barcelone Lu dans “Courrier International” Source