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En faisant voter, dès 2007, un paquet fiscal très favorable aux plus aisés, Nicolas Sarkozy s’était vu affublé de l’étiquette  » président des riches « . A son tour, Emmanuel Macron est menacé du même péril.

Selon un sondage réalisé par l’institut Viavoice et publié le 18 septembre dans Libération, 53 % des Français estiment que sa politique économique profite d’abord aux plus aisés.

Et, alors que le gouvernement présente ses choix budgétaires et fiscaux pour 2018, avec au centre du dispositif une réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) qui avantage les plus fortunés, l’opposition [entonne] la même petite musique : « Macron, président des riches ».

  • La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon en fait son principal argument politique : les  » insoumis «  seraient les représentants du  » peuple «  face à l’ancien banquier d’affaires devenu président de  » l’oligarchie « .
  • A leur manière, les socialistes tentent eux aussi d’entretenir l’idée que le nouveau président mènerait une politique inégalitaire. L’ancien ministre des finances Michel Sapin a ainsi tracé, lundi, un parallèle entre la politique fiscale de M. Macron et celle de M. Sarkozy, estimant que le bouclier fiscal du premier était  » quatre fois plus épais «  que celui du second.
  • Inquiétudes au sein de LRM Les récentes interventions présidentielles depuis l’étranger, devant des Français expatriés, ont pu renforcer ce sentiment.  » Sociologiquement, Macron évolue entre les gagnants de la mondialisation, assis sur un capital social, universitaire, culturel, d’un côté, et les bénéficiaires d’une société ubérisée, de l’autre « , souligne le député Nouvelle Gauche des Landes -Boris Vallaud. L’exonération de l’ISF – qui se transforme en impôt sur la fortune immobilière – de certains signes extérieurs de richesse, comme les yachts ou les jets privés, les voitures ou les chevaux de course, inquiète certains députés La République en marche (LRM), qui devront défendre cette mesure devant leurs électeurs.
  • A l’Élysée, on évacue d’un revers de la main les critiques, les renvoyant à l’ » ancien monde « .  » La question n’est pas de savoir si le budget est pour les riches ou les moins riches, s’il s’agit d’un budget libéral ou social, la question, c’est celle de l’efficacité « , -explique un conseiller.

Mais, conscients du danger, M. Macron et ses proches cherchent les moyens de le -contourner. La manière de présenter un budget  » juste et équilibré «  a ainsi été au cœur des discussions du petit déjeuner de la majorité, cette semaine, à Matignon.

Au sommet de l’Etat, les éléments de langage ont été ciselés, insistant sur les mesures de  » pouvoir d’achat « , comme la suppression des cotisations sociales salariales pour les travailleurs du privé, celle, progressive, de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, ou encore la revalorisation du minimum vieillesse et de l’allocation aux adultes handicapés.

  • [Des propos voulant charmer l’assistance … qui ne résistent pas  » aux miettes » de la « maximum » centaine d’euros par mois, qui augmenteraient le pouvoir d’achat (c’est toujours ça, certes) accordés aux différentes classes salariales ou retraités (qui dans le même temps pour ces derniers, se voient ponctionnés par l’augmentation de la CSG plus forte pour eux que pour  les salariés (peuvent bien payer ces nantis), les « mesurettes » gouvernementales alors que les plus aisés (les riches) engrangent toujours plus] MC

Mais, au sein même de la majorité, certaines voix plaident toujours pour plus de justice sociale, à l’instar de l’ancien garde des sceaux François Bayrou, qui encourage M. Macron à  » se saisir «  d’un  » projet social « . [Tiens, tiens … c’est d’ailleurs pour ça qu’ils ont voté la confiance au gouvernement et le budget 2018 …. ouaf, ouaf, … peut toujours l’encourager « ça » n’a jamais été prévu dans le programme du maintenant Emmanuel 1er  ! – MC]

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Bastien Bonnefous, Le Monde – Source (Extrait)