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A 65 ans, Lydia s’apprête à manifester pour la première fois de sa vie. Jeudi 28 septembre, cette retraitée descendra dans la rue, à l’appel de neuf organisations syndicales et associations, pour protester contre la hausse annoncée de la contribution sociale généralisée (CSG).

« Le sentiment d’injustice m’est insupportable, fulmine-t-elle. Le gouvernement a décidé d’appauvrir les retraités alors qu’ils ont travaillé toute leur vie, parfois jusqu’à quarante-huit heures par semaine ». Elle qui a travaillé jusqu’à 64 ans, « bien au-delà du départ légal auquel elle était contrainte », afin de se constituer une « rente convenable », ne supporte pas que le gouvernement décide de la lui baisser « sans compensation ».

  • L’exécutif compte, en effet, augmenter de 1,7 point le taux normal de la CSG, utilisée pour financer la protection sociale (Sécurité sociale, prestations familiales). Les retraités devront supporter cette hausse sans bénéficier des contreparties prévues pour les salariés du privé, les indépendants ou les fonctionnaires.
  • Dans les faits, cette hausse, qui entrera en vigueur au 1er juin 2018, pèsera sur les 60 % de retraités soumis au taux plein de CSG, les 40 % restants ne seront pas concernés.

Cette augmentation devrait rapporter un peu plus de 20 milliards d’euros aux finances publiques.

L’objectif est de compenser la suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, qui représentent 3,15 % du salaire. Une façon de redonner du pouvoir d’achat aux actifs, en mettant à contribution les retraités touchant plus de 1 200 euros net par mois. Mais la mesure passe mal auprès d’une partie de ces derniers.

(…) « Trop, c’est trop, les retraités ne sont pas des vaches à lait », gronde Gérard, 71 ans. Retraité de l’éducation nationale, il regrette que le montant de sa pension n’ait pas augmenté depuis quatre ans. « Les retraités perdent du pouvoir d’achat, observe-t-il. Je veux bien être solidaire mais pas seul, les hauts salaires doivent aussi participer. Or, ce sont les classes moyennes qui sont encore sollicitées. »

(…) « Je ne pense pas que 1 200 euros fassent partie des gros revenus, s’indigne Annette, 68 ans. Je suis déjà à découvert tous les mois. Quand on a retiré le loyer, les charges et la mutuelle, onéreuse après avoir subi deux cancers, il ne reste pas grand-chose », constate-t-elle, scandalisée par « l’indécence et le mépris », dont fait preuve Emmanuel Macron à ses yeux. (…)


Vincent Faustine, Le Monde – Titre original « Hausse de la CSG : « Trop, c’est trop, les retraités ne sont pas des vaches à lait » – Source – (extrait)