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Selon « Les Echos » dans un article de Thibaut Madelin, « Le Parti social-démocrate (PSD) parti rival outre Rhin de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Merkel, se prépare au pire » … (Extrait)

Stéphanie Deja était tout feu, tout flamme quand Martin Schulz a été nommé candidat du Parti social-démocrate (SPD), en début d’année. « Je trouvais cela génial », raconte cette retraitée munichoise. Malgré ses soixante et un ans, l’ancien président du Parlement européen suscitait un espoir de renouveau et une euphorie. Sur Internet, des fans présentaient « Sankt Martin » en Messie marchant sur l’eau.

En quelques semaines, le SPD bondissait de10 points dans les sondages, tutoyant l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel avec 33 % d’intentions de vote. Six mois plus tard, « l’effet Schulz » est retombé comme un soufflé. Le parti est crédité de 20 à 23 % et pourrait faire pire qu’en 2009, lorsqu’il avait obtenu 23 % des voix avec Frank-Walter Steinmeier.

Les militants doutent. « Axer la campagne sur la justice sociale était une bonne décision, mais Martin Schulz n’a pas apporté de nouvelles idées », estime Stéphanie Deja, pour qui le candidat manque de charisme.

… comment se positionner face à une Angela Merkel qui défend maintenant le salaire minimum, alors qu’elle l’a introduit sous la pression du SPD avec lequel elle gouverne depuis 2013 ? C’est le drame des sociaux-démocrates : leur bilan politique est riche, mais c’est la chancelière qui en tire les bénéfices politiques.

Même la crise des réfugiés, qui a fait reculer sa popularité et celle de son camp, n’a pas profité au parti de gauche, constate Oskar Niedermayer. « Les gens ne font confiance ni au candidat du SPD ni à son programme », tranche le professeur de sciences politiques à l’Université libre de Berlin. Des erreurs ont été faites. A commencer par le remplacement subit de Sigmar Gabriel par Martin Schulz, fin janvier, qui a surpris tout le monde y compris l’intéressé.

Une grave erreur pour Frank Stauss, qui a dirigé plusieurs campagnes du SPD dans le passé. « Pour une campagne, on doit planifier au moins un an à l’avance », dit-il. Résultat de ce manque de préparation : un manque de profil. Contrairement à Emmanuel Macron, par exemple, Martin Schulz n’a pas exploité sa fibre européenne, craignant sans doute d’aborder la question sensible de la solidarité financière.

Sur le fond, le parti reste déchiré par les réformes de Gerhard Schröder de l’Agenda 2010, qui continue de faire fuir une partie de son électorat vers le parti de gauche radical Die Linke.

  • Si Merkel est réélue, rien ne changera dans les directives économiques ultra-libérales de l’Union Européenne. Les pouvoirs de la finance Nationale, européenne, ou internationale, seront encore plus larges et exigeants aux détriments des salariés, du pouvoir d’achat, des libertés, etc. … MC