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Pour les instigateurs du mouvement « France insoumise », il s’agissait pour lui de se dégager de toute négociation, notamment avec le PCF, de toute référence au Front de Gauche, et d’exclure sa participation à toute primaire Car dès son lancement la « France insoumise » reposait sur une idéologie et sur une équipe bien précises.

Le vrai noyau idéologique.

L’idéologie était empruntée à Ernesto Laclau et Chantal Mouffe, c’est le « populisme de gauche » ou « populisme » tout court – pendant que de nombreux supporters de J.L. Mélenchon sortent encore les crocs dès qu’ils entendent prononcer le mot « populisme » à son sujet, celui-ci s’en réclame. Même si, dans le cas de M. Laclau et de Mme Mouffe, cette idéologie s’appuie sur une relative abondance de production sociologico-politique, sa synthèse mélenchonienne distillée sur le blog de J.L. Mélenchon est assez simple.

  • Premièrement, qu’on ne parle plus (ou alors juste par une habitude qui va s’effacer peu à peu) de lutte de classe, de classes sociales, de salariat et de travailleurs : le clivage fondamental oppose « le peuple » (également appelé « les 99% ») à « l’oligarchie », appelée aussi « la caste ».
  • Deuxièmement, « le peuple » est une nation – la nation française – et son identification comme peuple repose sur une thématique et une symbolique nationales, qui doivent se substituer aux thèmes et symboles issus du mouvement ouvrier. C’est ainsi que pendant que de faux naïfs dissertent contre « les gauchistes » qui n’ont pas compris que « le drapeau tricolore » et « le drapeau rouge » ne s’opposent pas, J.L. Mélenchon, lui, donne des consignes pour que dans ses rassemblements le drapeau rouge soit éliminé progressivement au profit du tricolore.
  • Troisièmement, « le peuple » doit se « construire » par un mouvement qui associe les individus-citoyens, mouvement dont le contenu premier n’est pas social, mais symbolique et national, reposant sur deux facteurs clefs de mobilisation et de dynamisme.

Le premier facteur est l’identification à une figure : E. Laclau avait vu celle-ci, en Argentine, dans le général Péron, dont il était un partisan ; P. Iglesias dans Podemos en Espagne a voulu être la dite figure, avec plus ou moins de succès car Podemos est issu du mouvement social de 2011-2012 qui est monté d’en bas et a comporté, avec sa branche Anticapitalistas d’influence trotskyste, majoritaire en Andalousie, des courants politiques ayant imposé leur reconnaissance comme tels contre l’égotisme et la médiatisation du chef.

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Auteur : Vincent Présumey un article lu sur le blog de Le blog de Vincent Présumey largement diffusé par les medias et réseaux sociaux a partir du 7 juin 2017. Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.