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« Je me suis fait avoir deux fois dans ma vie : quand j’ai cru que le ministère de la culture allait me donner de la thune pour libérer les gens par le théâtre et quand j’ai cru que la politique de la ville allait m’en donner pour faire une révolte. Mais ils ne vont pas nous donner de l’argent pour les décapiter ! »

Ce vendredi 25 août, dans la petite salle de spectacle du quartier de La Roseraie à Angers, le ton est donné. Face à une centaine de militants Pas sans nous (PSN) venus de toute la France, David Ropars, « môme de dispositif » qui a grandi à Angers au milieu des « animateurs socioculturels », des « city stades » et autres « projets co-constructifs », déconstruit avec humour les mécanismes de la politique de la ville à travers une conférence gesticulée.

Lancée en septembre 2014 avec pour ambition de devenir le « syndicat des banlieues », la coordination des Pas sans nous organisait ce week-end sa première université à Angers, dans le quartier de La Roseraie. Ce quartier de 22 000 habitants, desservi par le tram, principalement pourvu en logement social, présente un visage souriant avec ses petits immeubles entourés de verdure. « C’est l’un des plus jolis quartiers, mais lors de l’opération de rénovation urbaine, ils ont réussi à virer les plus pauvres, à augmenter les loyers et mettre des caméras partout », décrypte Djamel Blanchard, un des animateurs de l’association des jeunes de La Roseraie (AJR), très actif au sein des Pas sans nous.

Au programme : ateliers sur la rénovation urbaine, l’emploi, l’école, l’état d’urgence, l’impact des discriminations, etc. « Il faut être à la fois dans la contestation et dans l’idée de faire nous-mêmes », dit la sociologue Marie-Hélène Bacqué


Louise Fessard, Médiapart (Extrait) – Source